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16.10.2007

REYES-HAENEL, 8 : Haenel, vous mentez aussi sur notre correspondance

« … La rencontre a eu lieu au Café de la Mairie, place Saint-Sulpice, et a été très agréable, mais nous ne nous sommes pas revus », écrit Yannick Haenel sur http://bibliobs.nouvelobs.com, dans un article intitulé
Nouvelle affaire de plagiat? La réponse de Yannick Haenel à Alina Reyes
« Son comportement relève de la calomnie »


« Deux ans et demi plus tard, poursuit Haenel, dans les premiers jours de septembre 2007, je reçois une dizaine de mails en une journée, tous envoyés par un(e) certain(e) AYA. J'en lis un, puis deux, puis trois: il s'agit de quelqu'un qui est en train de lire mon roman «Cercle», et qui m'en parle de manière ambiguë, venimeuse. Je ne comprends pas bien. Chaque mail est de plus en plus déplaisant, et peu à peu cette personne se met à me reprocher de parler de «thèmes», dit-elle, que nous aurions en commun. Puis les mails deviennent agressifs, insultants. Je ne réponds pas. Au cours de la soirée, comme d'autres mails arrivent, je décide, sans les lire, de mettre les messages de cet expéditeur anonyme dans la liste rouge de ma messagerie. Le lendemain, le harcèlement continue, cette fois sous un autre nom. Je comprends alors que AYA était Alina Reyes. Dans ce nouveau déferlement de messages, je lis des insultes à l'encontre de mon roman, et des insinuations intolérables sur sa soi-disant ressemblance avec ses récits. Je suis écœuré par ce harcèlement et cette agressivité. Je ne réponds pas, et je place là aussi les messages provenant d'Alina Reyes dans la liste rouge de ma messagerie. »

Et maintenant l’on pourra juger des réponses faites à ma bienveillance. D’une part, me voyant pillée par Haenel, du fait que nous avions pris un verre ensemble un jour, du fait que je respecte les écrivains et les êtres humains en général, du fait que je ne suis pas possessive et du fait de ma haute idée de la littérature, malgré la profonde blessure ressentie à la lecture de son livre j’ai tâché d’abord, comme on va le voir, de surmonter l’injure qui m’était faite. Il m’a fallu du temps pour admettre que je devais être juste envers moi-même, et me défendre. Même quand est parue cette réponse mensongère d’Haenel sur bibliobs.com, qui me faisait passer pour folle et méchante, par scrupule je n’ai pas voulu rétablir la vérité en publiant une correspondance privée. Or ces mots sont les miens, ils n’ont reçu aucune réponse, je n’ai donc pas d’obligation de réserve. Voici donc copie de tous les mails, in extenso, y compris le dernier de la série "lecture", ou je tente de rattraper mes critiques par un dernier mot aimable, accompagné d’une photo de moi prise par Ulf Andersen en juin dernier derrière Notre-Dame de Paris, lieu capital de son Cercle comme de ma Forêt profonde.


De:       reyes@tiscali.fr
    Objet:     Rép :
    Date:     28 août 2007 17:13:13 GMT+02:00
    À:       XXX

Yannick, accepteriez-vous de me rencontrer de nouveau pour parler un peu ?
J'ai vu votre livre en librairie, si vous me dites oui je le lirai d'abord, sinon un peu plus tard car j'en ai envie. J'ai vu saint Jean à la fin de votre "Cercle", et cet été je suis allée à Patmos.
Quoiqu'il en soit, je vous dis ceci : je vous aime bien, vous et Meyronnis.
Alina était trop douloureuse, elle est morte. Maintenant je m'appelle
AYA

6ed4c4e2c50f24a984b5c9755d969fd8.jpg[jointe à ce premier mail, une photo du monastère saint Jean à Patmos]

 

 

 

 

 

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     géométrie
    Date:     28 août 2007 18:50:11 GMT+02:00
    À:       XXX
Je vais aller acheter votre livre demain, je suis trop curieuse, et notamment de savoir pourquoi vous l'avez appelé le Cercle.
"Peut-être touchons-nous à l'époque prédite où la science, ayant accompli son cercle entier de synthèse et d'analyse, de croyance et de négation, pourra s'épurer d'elle-même et faire jaillir du désordre et des ruines la cité merveilleuse de l'avenir."
in "Aurélia".
Est-ce que vous aimez Nerval ?

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     Impressions de Cercle
    Date:     28 août 2007 22:03:55 GMT+02:00
    À:       XXX

Bon, j'ai couru acheter votre livre après mon dernier mail, et je suis en train de le lire, alors je vais vous dire à mesure, peut-être, ce que je lis.
D'abord, la dernière fois c'était la Dame à la licorne et les avalanches, maintenant le pont des Arts, Notre-Dame, les oiseaux, la nacre, le coquelicot, la chambre donnant sur la Seine etc... on dirait que nous avons un imaginaire étrangement proche. Au début j'ai trouvé ça un peu appliqué, au sens "philosophie appliquée". Heidegger, bien sûr, partout (je l'ai lu, moi aussi, pour savoir ! et maintenant j'en suis à Hegel, parce que Heidegger tout seul est finalement désespérant).
En même temps votre poésie, toujours là, et surtout cette idée bien à vous de phrases, c'est très beau.
Au bout d'un moment, ça commence vraiment à se lire. Ulysse. La conversation avec le cafetier, très réussi. Au début de mon histoire, l'histoire de mon roman, dans l'histoire en vrai, car je n'en parle pas dans le roman je crois, je parlais tout le temps de l'Odyssée à mon "amour à distance", même qu'il se moquait un peu de moi, avec mon Odyssée qui m'obsédait, je me voyais en Ulysse, après tout c'est ça l'errance, et d'ailleurs en vous lisant on se souvient aussi de Joyce. Et puis Melville, Moby Dick dont je parlais tout le temps, et puis Billy Budd, vous c'est plutôt Bartleby mais sauvé, ça me rappelle un peu une de mes nouvelles, l'Exclue, la femme qui décide de tout quitter pour jouir seule.
J'y retourne, vous n'êtes pas obligé de me répondre, je vous donne mes impressions de lecture, c'est tout, juste comme ça !

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     ailées
    Date:     28 août 2007 22:57:55 GMT+02:00
    À:      XXX

Ulysse naufrage sur la plage de Nausicaa : j'ai traduit ce passage en classe avec une autre fille (on n'était que deux élèves en grec) et la prof, il faut voir comme on rêvait de cet homme débarquant nu, les deux petites filles et la femme ! Inoubliable, c'est comme si je l'avais réellement vécue, cette scène, tant dans le corps de Nausicaa que dans celui d'Ulysse. Et moi aussi je regrettais fort qu'ils ne fassent pas l'amour ensemble, j'enrageais, même.
"même lorsque je n'écrivais pas, j'écrivais" : où ai-je écrit cette phrase ?
Le cadavre-monde : la Baleine de Gadenne.
Les paroles ailées, je le dis aussi, pour les cavales de Parménide.
Pardon, je parle de moi pour parler de votre livre, mais c'est la preuve que je suis dedans. Aussi, dans l'Exclue, à la fin, elle est devenue une statue et le gardien, au petit matin, jouit sur elle.
Bon, je poursuis.

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     mercure
    Date:     28 août 2007 23:46:25 GMT+02:00
    À:      XXX

La perte de sang. La danseuse. La Pitié-Salpêtrière. "quitter la maison au petit matin pour gagner la forêt". Tout ça aussi est à moi. (Je ne suis pas en train de vous accuser de plagiat psychique !) Mais pourquoi dites-vous  "un corps qui connaît le vide s'aventure enfin dans l'existence" ? C'est justement ce que fait tout corps en venant au monde. Il est vrai que tout est fait pour le lui faire oublier. Mais il y en a qui n'oublient pas.
Est-ce un vrai spectacle de Pina Bausch, que vous racontez ?
Je fais (bien modestement) de la danse orientale, c'est une danse entièrement basée sur des 8 (horizontaux, verticaux, obliques) et des cercles du corps.
Parfois je vais vite, en vous lisant, je file avec vos phrases, parfois je suis obligée de ralentir, pour ne pas foncer dans le miroir de la salle de danse.

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     ;-)
    Date:     29 août 2007 00:28:34 GMT+02:00
    À:      XXX

Tiens, j'y suis allée cet après-midi, dans la petite cour de l'église Saint-Médard ! (mais toute seule) (c'est vrai !)

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     see you
    Date:     29 août 2007 00:58:53 GMT+02:00
    À:       XXX

"Fontaine, je boirai de ton eau" : où ai-je écrit cette phrase ?
Le déserteur chinois, c'est un peu casse-pieds, sur ce chapitre je fais des sauts et des glissades. Et puis maintenant j'ai envie d'écrire ou de dormir, je continuerai demain.
Vos scènes sexuelles, parfois, c'est pas trop mal, mais c'est pas le mieux.
Et vos délires, comme dans le déserteur chinois, ce qui leur manque, c'est une fureur, une raison de fureur. Pardon, ne ne veux pas critiquer, je vous dis les choses à mon sens, c'est tout. Pour le reste, vos phrases sont justes, elles vous tiennent et vous emportent (vous, l'auteur et vous, le lecteur), c'est l'essentiel. Beau travail, plus d'ampleur que dans vos livres précédents, si vous aviez pu écrire vraiment seul sûrement ce serait encore mieux.
A demain jusqu'à la fin du livre, sauf si vous me dites stop avant !

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     ce que je vois
    Date:     29 août 2007 10:03:12 GMT+02:00
    À:       XXX

Fini ce matin, en survolant beaucoup de pages. Plus on avance, plus ça sent le chiqué, et quand ça sent le réel, le carnet de voyage, c'est chiant comme la mort.
Décidément, il n'y a rien à faire : vous voyez, Yannick, s'il est bon, s'il est fondamental, de prendre des chemins qui ne mènent nulle part, il est mauvais, il est absolument nuisible de tourner en rond dans ces chemins. Ne faites pas comme Sollers, ne gâchez pas tout, votre vivre et votre écrire.
Désolée de finir sur ces phrases, au-delà du rejet qu'elles pourront provoquer, j'espère juste qu'il y aura autre chose. Remember Nerval, et aussi Marx que vous citez, c'est un des plus beaux passages mais il faut aller au bout.
Bonne route à vous.

De:       AYA <nardone.aline@neuf.fr>
    Objet:     P.S.
    Date:     29 août 2007 12:11:21 GMT+02:00
    À:      XXX

Tout de même, votre livre est plein de beaux reflets, j'ai passé de très bons moments.

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[jointe à ce mail, la photo prise par Ulf Andersen, derrière Notre-Dame, lieu capital de nos deux livres] 

 

 

 

De:       alina.reyes@wanadoo.fr
    Objet:     @ "cercle magique"
    Date:     17 septembre 2007 20:16:06 GMT+02:00
    À:       XXX

pour votre information... ce petit texte inédit, une fantaisie parue en 2005 sur mon site internet (j'avais déjà publié quelques années plus tôt une autre nouvelle d'amour, intitulée le Pont des Arts)... Je suis ravie que tous les thèmes de mon imaginaire que je vous ai déjà dit avoir donnés dans mes textes, bien sûr dans mon roman mais aussi sur internet, oiseaux, nacre, coquelicot, perte de sang, mais aussi forêt, loups, sosies, etc, vous aient gracieusement inspiré ! Ce dont je ne me plains pas, car, comme je l'ai dit à Sollers, ça n'enlève rien à mon livre, qui est un vrai très bon livre, pour un temps qui nous dépasse, Yannick !

[suit le texte de ma nouvelle, lisible sur le blog apocalypsis en lien si-contre, article "Cercle"]

... et pour garder le sourire...

http://www.youtube.com/watch?v=ekQZPozjCX8

De:       alina.reyes@wanadoo.fr
    Objet:     ...
    Date:     17 septembre 2007 20:56:15 GMT+02:00
    À:      XXX

... en fait, le texte que je vous ai envoyé est paru à l'automne 2004... c'est le magazine Vogue qui me l'avait commandé...
connaissiez-vous vos sources ?
(je précise encore, je ne vais pas jouer les Camille Laurens, c'est juste pour dire les choses, puisque vous êtes concerné... même si vous me laissez parler toute seule... décidément...)

De:       alina.reyes@wanadoo.fr
    Objet:     ah, je n'avais pas vu Anita
    Date:     6 octobre 2007 22:06:32 GMT+02:00
    À:      XXX

... et répondez-moi quand vous voulez ! Vous saviez ce que vous faisiez, ou non ?

http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=121&ida=8498

[joint à ce mail, un lien vers un article qui démystifie son livre, et se termine sur l'évocation de la porno star "Anita Dark", que dans ma lecture rapide de son livre, je n'avais pas vue]