16.10.2007

REYES-HAENEL, 9 : l’unicorne et le bouton de rose

Les noms des cafés que fréquente le narrateur d’Haenel, à Paris, sont La Licorne et Rosebud.


La licorne, nous l’avons vu, renvoie à mon roman La chasse amoureuse, construit tout entier autour de la figure de la dame à la licorne – un an après la publication de ce roman, Haenel publiait un petit essai sur la dame à la licorne.


Rosebud est le premier titre de mon roman Quand tu aimes, il faut partir, publié chez Gallimard dans la collection l’Infini, et où se trouve évoquée « la fin de ce film, Citizen Kane, quand on comprend que le héros, Charles Foster Kane, a toujours vécu avec cette déchirure au cœur, le regret du traîneau de son enfance dans la neige, avec l’inscription Rosebud ». Et je poursuivais : « Rosebud, c’était aussi le nom donné par Orson Welles au clitoris de sa petite amie. Ce bouton de rose n’est-il pas l’image de ce petit être de pur plaisir que nous n’avons sans doute jamais été, mais que nous continuerons à regretter toute notre vie ? »


Dans Ma vie douce, on lit, extrait de mon journal intime de janvier 1993 :
« Cet après-midi, rendez-vous avec Sollers, à qui j’avais envoyé Rosebud avant de partir à Bordeaux. Il m’a appelée le jour de l’An à Barèges… « Excellent », a-t-il dit, « exactement ce qu’il fallait. »


Ainsi qu’il est dit dans mon Carnet de Rrose, « même si le cœur a sa raison, c’est une loi de la nature que la raison de la rrose est toujours la meilleure. »

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