27.11.2007

Roue des couleurs du temps

 
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Van Gogh, Paysage nocturne au lever de la lune

 
J’ai peur avec toi Vincent
ce fleuve de terre crue à traverser
tout détale
tout vit même la mort
à l’assaut des vagues figées les troupeaux d’herbe sèche tâchant de dépasser leurs ombres à sinistre rampent
dans l’autre sens sur l’autre rive empêtrées contre elles-mêmes les collines filent
Elle se lève
le ciel de feuille d’or tremble
quelqu’un, le calamar de nos terreurs, replié dans nos chairs, déplié dans nos doigts, a répandu son encre bleue contre son cœur de feu
Vite, ouvre une porte dans cette petite maison
là-bas là-haut
 
 


Paolo, je tournoie sur tes chevaux de bois, le ciel tourne, la terre fuit, et toutes les perspectives se déploient
Paolo mon enfant, mon maître de ce jour nouveau-né, ma gomme blanche, efface les siècles vulgaires aux joies de courtisanes
toi l’Oiseau pur coursier dur entre mes cuisses
donne-moi mon pain quotidien
le cœur si simple du secret
donne-moi à courir immobile sur tes fils tendus le vertige tranquille
Tu sais bien, Uccello, j’ai besoin d’un oiseau entre mes cuisses, qui là s’enfonce et chante
mes cuisses chantent dans tes tableaux et tes courbes
qui contournent le temps
donnent à ma chair ses courbes
Je suis ton rouge, Uccello, je suis la petite fille en rouge qui tourne sur ton manège
et tu feras bouger ma langue
qu’elle dise
ce que nul n'a dit 
 
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Paolo Uccello, Polyhèdre