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05.02.2008

Poèmes

Regardant dans mon cahier, il semble, mais je n'en suis pas sûre, que j’ai écrit les deux premiers poèmes de la série le 29 mai de l’année dernière, soit le lendemain du lundi de Pentecôte où il m’est arrivé quelque chose, au carmel d’Avranches (j’y étais encore). Je crois que j’en avais sept ou huit avant de partir pour Patmos (je ne retrouve pas le cahier où ils sont pour vérifier, j’ai dû le laisser à la montagne). Puis j’en ai écrit plusieurs dizaines pendant le voyage (deux semaines).  J’en ai écrit quelques autres au retour, à la montagne, la semaine suivante. Le 27 juillet, j’en avais cinquante-deux, et j’ai arrêté d’en écrire. Avant de partir à Assouan, il y a deux semaines, il m’en est venu un autre. Puis sept de plus là-bas.
Beaucoup ont été écrits à l’aube, je me réveillais quand O et les garçons dormaient encore, je sortais et ils venaient. D’autres la journée, ou la nuit, par exemple sur le pont du bateau, le 7-7-07. D’autres la nuit sans lumière, par exemple dans la forêt devant la grotte de Jean sous les étoiles, ou lors d’une réception dehors au coucher de soleil à Assouan, de sorte que les lignes se chevauchaient parfois, ou encore la nuit où j’ai dansé dans le grand salon de l’Old Cataract, là il y avait de la lumière mais je notais un peu à l’aveugle dans mon carnet, dans l’ambiance de la fête, pourtant j’ai trouvé le texte le lendemain impeccable et construit comme les autres.
Je n’ai rien fait pour les écrire, j’ai seulement pris le cahier et le stylo, et tout se présentait à moi naturellement au fur et à mesure, cela se présentait de dehors, je n’avais plus qu’à noter.
Depuis tout à l’heure où j’ai raconté sur mon ordinateur ce que je venais de voir, mon nom AYA, venu je ne sais d’où ni comment, s’affichait en blanc sur fond grisé sur mon écran, que je sois sur word ou sur internet, et sans que je puisse rien pour l’enlever ou le déplacer. Il vient de disparaître. L’informatique aussi a ses mystères…