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21.02.2008
Le don
Ta maison est en moi, Seigneur, et je suis en la tienne. Ce monde, ton ange tantôt en gloire et tantôt déchu, me parle. Ce matin je me réveille, encore une fois. Une nouvelle fois je suis à toi. Malgré la joie, l’âpre chagrin s’insinue dans mes veines, je ne sais d’où il vient. L’ai-je déjà connu ? Sans doute, et j’ai affronté déjà les armées de démons, lors d’un autre coup de dés.
Seigneur, tu as fait sortir le hasard du tombeau qu’il s’était fait de ma maison. J’étais l’oreille humaine ensablée par les siècles, tu m’as ouverte, tu m’as faite fenêtre par où laisser entrer le jour et chasser le fantôme de la non-providence.
Nos pères, à force de raison fausse, nous ont rendus sourds à lier. Nous t’avons cru muet, délivre-nous du mur ! Ce mur que nous avons construit au cœur de la Jérusalem, qu’il s’écroule ! Qu’en notre cité le remplacent l’hymen, le tympan, toutes les membranes sensibles par où nous pouvons résonner d’amour et nous unir en Toi, par Toi, à Toi !
Garde-moi bien, mon Dieu, je suis comme un bébé en toi, heureuse comme une femme enceinte. Toi et moi unis en Soi, dans le Sein, l’Être. La nuit tu la fais douce, dans le noir je souris. Le jour entre par les fenêtres mais c’est la nuit, car ce matin je me réveille très seule chez des étrangers. Or tu es là, cette douleur tu m’en fais don, et le mystère du don est plus grand que celui de la douleur.
09:00 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Littérature







