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10.03.2008
Jour de vent
Voilà quelque temps qu’il en est ainsi, je suis obligée d’en faire le constat : c’est la première fois de ma vie que je me détache ainsi de la littérature. Je ne vais plus en bibliothèque depuis des mois, je n’achète plus de livres depuis des semaines. Je n’ai même plus envie d’entrer dans une librairie. Je ne lis ni ne relis aucun des livres dont je dispose à la maison, sauf la Bible – et encore, pas trop. J’ai envie de lire des choses sur Dieu, c’est tout. L’autre jour j’ai eu une vision des hommes, des êtres humains, en porcs. Des porcs sortant des immeubles, des porcs dans la rue, des porcs à la télé, etc. Les hommes sans Dieu ne m’intéressent pas plus que des porcs, voilà. Ce n’est pas que je les méprise, non, car beaucoup sont en Dieu même sans le savoir. C’est leur monde que je méprise. Eux au contraire je veux leur parler, les écouter. Mais pas les écrivains, ils sont trop faux, trop souvent, et encore bien moins les intellectuels. Je les aime de l’Antiquité jusqu’au dix-septième, à la limite dix-huitième siècle, sans oublier surtout le Moyen Age. Ensuite la littérature devient si triviale. Romantisme, positivisme, psychanalyse, tout est allé de mal en pis, de brouillé en crasseux. J’essaie d’écouter le cœur des hommes, et ce n’est pas dans leurs livres d’aujourd’hui que je peux le trouver. Malgré quelques éclats ici et là.
Il faut trouver un enseignement chez bien plus grand que soi, et en même temps chez bien plus petit, c’est indispensable ou il n’y a pas d’enseignement. Je me dis que c’est maintenant que je sais écrire qu’il faut que je désapprenne. J’ai toujours voulu dire, plutôt qu’écrire. Dire par l’écrit mais dire, dire et non pas faire des phrases. Avant, je trouvais mes moyens trop souvent limités. Mais comme je le notais l’autre jour au cours d’un échange avec Olivier Noël, certains livres, même inaboutis ou maladroits, peuvent produire sur certains lecteurs un effet puissant, s’ils sont sous-tendus par une expérience visionnaire (ce fut le cas pour mon roman Lilith, par exemple). Maintenant je commence à me trouver presque trop habile. Forêt profonde est encore fort imparfait et il me plait mieux ainsi. Si je commence à avoir du métier, qu’il ne me serve à rien, ou seulement à le dépasser. J’aime être en train de parler ici sur ce blog sans manières. Mais ce n’est pas non plus ainsi que se feront mes prochains livres.
Notre seul devoir est de tendre à la justesse spirituelle, pour cela il faut suivre Dieu, et non pas forcément rechercher la perfection des formes.
Détail de la Jérusalem céleste dans l'Apocalypse d'Angers
09:17 Publié dans ARt de lire, Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature








