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11.03.2008

Or

Voilà, je suis réconciliée un peu avec les livres. En songeant aux photos de Sophie, j’ai pris sur l’étagère Anatomie de l’errance, puis Sur le bonheur Sur l’amour de Teilhard de Chardin, mais il me fallait absolument rouvrir Le Chant des pistes de Bruce Chatwin, que j’ai à la montagne. Hop, je suis sortie, je suis allée le prendre à la librairie.
… si l’on me demandait : « À quoi sert un gros cerveau ? », je serais tenté de répondre : « À trouver son chemin en chantant dans le désert… »
Tout le long des rues je chantais, à la maison toute la journée aussi. Je suis entrée dans l’église, des enfants s’installaient, un jeune homme leur faisait chanter « Aimer c’est tout donner/Aimer c’est se donner soi-même », un poème d’amour de sainte Thérèse de Lisieux à Jésus, leur a-t-il dit. Dans la chapelle de Marie, une femme mi-africaine, debout, que je voyais de trois-quarts dos, parlait à la statue dans ses rayons d’or, avec des gestes gracieux des mains, et ses lèvres que je devinais bouger sans rien entendre. Je suis sortie par l’autre porte, envie de boire tout le ciel, quelques gouttes se sont mises à tomber, exquises. J’ai marché encore, avec les visages des gens croisés, les oiseaux dans les branches nues, les nuages dansants, le chant dans ma gorge toujours. En rentrant dans la cour de mon immeuble j’ai regardé les énormes bourgeons des lilas, et le parterre rempli d’une verdure éclatante et dense à avoir envie d’en manger, de s’y rouler, de l’embrasser partout.