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12.03.2008
2008
J’ai reçu à midi La passion selon Juette de Clara Dupont-Monod, l’un des auteurs invités comme moi à un petit débat au Salon du Livre, mardi prochain (il y aura aussi Frédéric Boyer et Jean-Claude Guillebaud). Je me suis mise à le lire avec intérêt. Cette histoire, dans un lointain Moyen Âge déchiré d’hérésies, d’une toute jeune fille rebelle et de sa profonde amitié avec un jeune prêtre augustinien, ne pouvait que me toucher, et l’auteur écrit clair, avec une belle fraicheur de souvenir sur l’esprit d’adolescence. Mais avant la moitié du livre, la tournure de l’histoire me désole et même me blesse, me tourmente peut-être. Pourquoi s’enfonce-t-elle ainsi dans le négatif ? J’essaie d’admettre que, mariée malgré elle, elle ne puisse parvenir à aimer ni son mari ni l’amour qu’il lui fait. Mais qu’elle n’aime pas non plus son enfant… Au point de ne pas se souvenir de son prénom, de dire de ce bébé « cette chair rouge me dégoûte »… Bien sûr que la littérature doit pouvoir décrire cela, mais pourquoi présenter ce personnage comme une sainte ? Quel salut peut-il y avoir sans amour ? Comment peut-on croire et vouloir faire croire qu’un cœur desséché est saint ? Bon, Juette finit par se dévouer aux lépreux, et elle a des visions. Très bien. Le message demeure tout de même : regardez, une merveilleuse féministe, qui hait le sexe, qui hait son corps, qui hait les hommes à mort s’ils ne sont châtrés ! L’auteur est une jeune femme de trente-cinq ans très bien éduquée et charmante, autant que je sache tout le monde a trouvé son livre très bien, nous sommes en 2008.
18:58 Publié dans ARt de lire | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature







