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15.03.2008

Conscience

Il arrive d’aimer les hommes comme on procède à l’action de grâce, par une parole de louange et d’amour toujours renouvelée, parfaitement gratuite, et de voir cette parole reçue comme un acte de prostitution. Le mal ne supportant pas la gratuité, qui l’annule, réalise l’opération inverse de la transsubstantiation et transforme la lumière en poix, le don en vente. Dans l’optique du mal, qui donne doit être payant, aux deux sens du terme : réclamer paiement, et payer (du mal qu’on lui fait en retour) son inexistante faute. Je ne mange pas de ce pain-là, mais de l’autre.

Il n’y a de compagnonnage, comme son nom l’indique, qu’avec qui l’on peut partager un même pain.

Le mauvais pain, celui des transactions financières ou des paroles insinuantes qui parasitent mais ne produisent (tout mauvais pain que les systèmes de communication modernes font proliférer), ne nourrit pas. Le spirituel c’est le réel ; le bon pain, le pain de l’esprit, est substantiel et ne craint pas de se montrer clairement, bien élevé dans la lumière devant l’assemblée.

L’homme ne se nourrit pas de pain ET de parole, l’Homme se nourrit d’un pain qui EST la parole. Il ne s’agit pas là d’une simple symbolique, mais tout à la fois d’un symbole et d’un fait. Ceci parce que Dieu est le Verbe, ainsi que l’a redit Jean : le pain de farine, d’eau et de sel, si nous en sommes conscients et acceptants, est effectivement son verbe, qui nous renouvelle et nous sauve de toute corruption temporelle.