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16.03.2008

Les gestes justes

2112794160.gifIl est certain que les chrétiens sont en grande souffrance avec la chair. Pas seulement eux, mais spécialement eux. Certains m’en font d’ailleurs confidence. Je vois beaucoup de couples catholiques se déchirer, ou s’ignorer, ou se tyranniser infernalement. Ils sont stigmatisés. J’ai vu (Forêt profonde) se déployer les effets de cette stigmatisation de façon mortelle.

Mais tous ne sont pas également marqués par leur éducation, certains savent dépasser les inhibitions terribles qu’elle inflige trop souvent – ceci depuis une période récente, car il n’en fut pas toujours ainsi. C’est le lien du christianisme avec l’Histoire qui a mal tourné. Au fil des siècles, le verbe et l’incarnation se sont désunis, jusqu’au moment où le discours en est venu à primer sur l’homme et ses actes. Où la parole des Evangiles tourne à vide, est répétée sans être vraiment comprise ni vécue. Quelqu’un qui sait me l’a dit récemment : l’esprit chrétien, c’est d’abord faire, faire le geste. Nous ne sommes pas dans une religion éthérée.

Faire ne signifie évidemment pas faire n’importe quoi. Faire c’est agir par amour et pour l’amour, faire c’est obéir au geste juste, accomplir le bon geste,  ajusté à la situation, faire c’est guérir. Et la question de l’amour charnel, dépassant de beaucoup celle de la joie sexuelle, est un symptôme du rapport entier à la vie entière, tant pour l’individu que pour le peuple. La justesse des gestes n’est pas toujours immédiatement perceptible. L’histoire (la geste) du Christ le prouve, ainsi que celle des saints. La preuve de la justesse ou de la non-justesse est révélée à la fin de l’histoire : par son effet. La victoire de l’amour, ou sa défaite.