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30.03.2008

Tendresse

O m’appelle de Saint-Martin, où il se trouve, avant de partir pour la Guyane. J’aime bien qu’il voyage. Il me rappelle de ne pas oublier d’aller visiter l’appartement à louer qu’il a repéré, pour me convaincre il me dit encore : « Tu pourras avoir une pièce donnant sur l’église, tu seras à deux minutes de l’église ! » C’est gentil parce que lui, il y a longtemps qu’il l’a rejetée, l’Eglise. Après une éducation catho, après avoir grandi dans ce genre de milieu où on parle d’amour tout en étant des handicapés de l’amour (ah, cette plaie des chrétiens ! – un peu comme les écolos qui sont tout en discours mais complètement à côté de la plaque pour ce qui est de la compréhension véritable de la nature). Mon immense chance à moi, c’est de ne pas avoir subi ce genre d’éducation. Celle que j’ai eue n’était pas meilleure, loin de là, j’ai dû me défaire de l’idéologie de gauche et de l’athéisme, mais je préfère avoir dû me défaire de ça et non du christianisme, que j’ai pu gagner l’esprit et le cœur frais, et trouver ainsi dans toute sa splendeur et pureté.
Oui j’irai le visiter, cet appartement, mon goût ce serait plutôt de trouver un endroit où vivre toute seule, mais j’ai une famille et je les aime. Je l’ai dit avant-hier à Laetitia, la jeune femme qui va monter l’un de mes textes au théâtre, je ne sors pratiquement plus du tout (à part pour me promener), je ne vois que des personnes que je veux voir pour mieux songer à ce que j’écris et vais écrire. Nourrir mon songe, le laisser pousser, grandir, s’affiner, c’est tout ce que je veux faire, tout ce à quoi je me voue, pour le recevoir et le rendre au mieux, le rendre agissant. Ici sur Internet monte l’écume de mon songe, pour ceux qui aiment bien regarder la mer. Je fais les vagues, merci à vous de faire les yeux.