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11.04.2008

Ecrit à l'instant. Merci.

Dans l’un de mes cahiers d’adolescente, rempli d’écritures anciennes et calligraphies, citations de textes sacrés du monde entier, récits de rêves et petites improvisations poétiques, je dessinais beaucoup d’yeux, et des spirales. Une double page était consacrée à un autoportrait en spirale rouge, bras en croix et visage en cri, grossièrement stylisés, corps entièrement constitué par cette spirale qui se déroulait de son centre jusqu’aux limites des pages, qu’elle débordait dans sa forme infinie.
Telle était mon essence, telle elle est, restera. Grâce à quoi, même aux moments où mon âme semblait refermée, elle était en vérité toujours ouverte, toujours continuant à déployer son chemin, dans une fidélité à soi portée par l’absence de rupture de ce chemin qui, se longeant parfois lui-même de très près, ne se transformait cependant jamais en cercle et se réservait la possibilité de bondir soudain dans l’espace, se détendant tel l’arc dont la flèche vient de jaillir, dans un tremblement gracieux, d’autant plus ardent, violent et efficace que le geste de l’Archer inconnu avait été juste, précis et puissant.
Ainsi progresse l’humanité, ainsi progressa et continue sans doute à progresser l’hominisation, de nombreuses flèches tombant dans le néant, pour une qui de temps en temps vise en plein cœur.