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12.04.2008
Vous parler
De plus en plus souvent, presque toujours, et ce phénomène est une longue vague venue de loin qui déferle irrésistiblement, infinie dans le déroulement en tout lieu et temps renouvelé de son déferlement, sa blancheur créée et recréante de soi, les phrases et les mots que j’entends, je les vois s’écrire à mesure qu’ils sont prononcés. De plus en plus profondément, et ceci vient du cœur de mon enfance et de tous mes paradis vécus ici-bas, je lis et j’entends la langue du monde manifesté en tous ses éléments. De plus en plus étroitement, mes lectures de livres se limitent à l’essentiel et dans ce détroit ralentissent, connaissant et creusant sur leur passage une condensation de joie inouïe, suave et puissante, plus douce que la plus douce argile, infailliblement éclairée et guidée de l’avant. Fréquentation modérée et « portée » de la Bible, avancée confiante dans L’entrée de Jésus à Jérusalem, étude du récit de Matthieu par Jacques Nieuviarts, vécues comme une traversée de la mer Rouge, une progression sereine, lumineuse et salvatrice entre les murs liquides de la Langue écrite et révélée qui s’ouvrent sur mon passage et celui de mon peuple invisible mais là.
Tout mon temps, et même les moments où je fais la vaisselle (pas la place pour un lave-vaisselle dans notre cuisine), consacré à méditer ce que j’ai à écrire, puis, par brefs mais faciles moments, à le laisser s’écrire.
Bien entendu tout ceci n’a rien à voir avec le milieu littéraire, ses combines aussi médiocres que ses ambitions (ma note précédente), milieu que j’ai toujours méprisé et fui, et dont je me sens aujourd’hui absolument détachée.
L’amour et la langue me réveillent tôt ce matin, m’appellent au clavier, voilà, je viens vous parler, à l’intérieur de mon dialogue continuel avec Dieu.
05:56 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature







