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09.05.2008

Je suis la poussière de mes pas

301756792.jpgCet après-midi je me suis promenée à l’infini. En me promenant j’ai su que j’étais infinie. Nous n’en finissons pas de vivre dans l’infini. J’ai marché dans des rues que je ne connaissais pas, non loin de chez moi pourtant. Nous n’en finissons pas de découvrir l’inconnu. J’ai regardé les gens, les arbres, la verdure, les immeubles, j’ai écouté les oiseaux, parlé avec une très belle jeune corneille d’un noir ardent qui se promenait sur une pelouse d’un vert étincelant,  des hommes m’ont regardée très gentiment, mon Dieu, toujours ? Une femme m’a dit une parole de drague en me croisant, je n’ai pas compris sa parole mais son regard oui, j’ai vu des arbres en fleurs roses, des squares avec des tout-petits enfants que j’ai eu envie de prendre dans mes bras, j’ai pensé combien la vie est bonne en temps de paix, dans la paix de cette nuit après Nijinski j’ai pensé à Gödel et ce matin j’ai trouvé chez Anaximandrake sa traduction de la « Gibbs lecture », je me suis mise à lire, j’en ai voulu plus, j’ai trouvé qu’il me fallait un certain livre et que le moyen de l’avoir au plus vite était d’aller à la bibliothèque Jean-Pierre Melville où il m’attendait, voilà j’y suis allée, voilà j’ai marché et j’ai ramené cinq livres, je ne suis pas mathématicienne et je ne peux tout comprendre loin de là mais je n’ai pas de complexes vis-à-vis des livres, j’y vais quand même et je comprends à ma façon, par correspondances surtout, je joue avec l’esprit, je le pénètre, je le devine, je suis la devine, l’infinie devinette, la divine petite poussière du soleil.