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11.05.2008
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Là où je vis, c’est tout petit. Une maisonnette pour berger et brebis, suspendue au cœur d’une clairière pentue, ceinte de forêts, et d’où les horizons terrestres et même le ciel sont partout limités par les reliefs. Pourtant, là où j’habite, c’est l’infini. Si l’on dépliait les montagnes, elles formeraient un espace plus vaste que le plus vaste des plus vastes océans. Or je déplie les montagnes.
C’est en marchant que je déplie les montagnes. Pas après pas, je fais évoluer les perspectives, se dessiner de nouveaux horizons, se révéler de nouveaux paysages. Le temps que je consacre à l’espace, par d’infinitésimales transformations, opère le déploiement de l’infini dans et par le fini (de chacun de mes pas et de mon point de départ).
Nous vivons dans un miroir de fractal. Un fractal est un périmètre infini autour d’un espace fini, limité. Nous évoluons en temps infini au sein d’un espace toujours en train de se finir. Nous habitons, nous sommes un temps fractal, à travers le processus duquel l’Univers respire. Le temps est le poumon du cosmos, cette belle qui se mire en nous.
15:55 Publié dans Suite | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature






