11.06.2008
Papillons
Hier soir j’étais donc, pour La Dameuse et grâce à mon petit éditeur (Zulma) qui se démène pour défendre ses publications, à l’enregistrement de l’émission Esprits Libres, qui sera diffusée vendredi soir sur France 2. J’étais le seul écrivain sur le plateau auquel je participais, j’ai laissé les autres invités parler de leurs produits sans rien dire... la bouche pleine de taire. Il y avait une blondinette agréable à regarder mais dans cet étalage de vulgarité ordinaire – vulgarité des corps, des attitudes, de la parole, même sans un gros mot bien entendu – je dois dire que les moins indignes étaient les journalistes, Durand, Bourmeau et Tesson. Il paraît que c’est une émission culturelle voire littéraire, voici que les journalistes sont beaucoup plus fins et humains que leurs invités. Nous sommes en plein renversement du monde. J’ai jeté les trois livres reçus par coursiers successifs sans avoir pu lire plus de deux lignes de chacun. Après l’enregistrement on m’a proposé un verre, j’ai souvenir d’émissions où l’on vous offrait ensuite et même avant du champagne et des fleurs, et oui, j’aurais bien bu au moins un verre de vin mais, ce doit être la dernière mode, pas une goutte du moindre alcool, coca light, c’est ce qu’il y avait de mieux pour se remettre d’une heure de projecteurs dans la figure.
Hier après-midi rue Gay-Lussac je suis passée lentement sous un arbre aux branches bien basses, me faire caresser le visage par les feuillages ; rue Claude Bernard un motard m’a appelée « ma puce »... aujourd’hui comme hier je me suis promenée et il m’est arrivé ainsi mille petites merveilles, mille autres à la maison avec mes proches qui m’amusent et me ravissent chaque jour… C’est pourtant simple !
(Paolo Uccello, Résurrection )
22:24 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature



