16.06.2008
Traces et vie dans le temps

En passant prendre Anne Dambricourt à l’Institut de Paléontologie Humaine, j’ai croisé Henry de Lumley, nous étions tout contents, nous allons donc reprendre notre conversation. « Ah, s’est-il exclamé, je vous vois dans tous les aéroports, toutes les gares ! » Ce sont mes livres publiés en Pocket qui sont présents dans les relais H et me font une trace ici et là, donc.
J’ai connu cet éminent et jovial paléontologue en 1998. Je l’ai rencontré, ainsi qu’André Langaney, fameux généticien des populations dont le credo est « ni dieu ni maître dans l’évolution », avec qui je nouai une relation amicale (et qui est aujourd’hui l’un des plus rudes adversaires d’Anne Dambricourt dont les travaux me passionnent), Jean Clottes, préhistorien et spécialiste mondial de l’art rupestre, que j’allai voir chez lui à Sainte-Foy-La-Grande… pour préparer mon roman Lilith, et surtout en suivant le fil de mon désir d’adolescence pour les recherches archéologiques. J’ai déjeuné avec Henry de Lumley près du Jardin des Plantes où il avait alors son bureau, je suis allée le voir sur ses fouilles à Tautavel, puis lors d’un colloque à la fondation Singer-Polignac où il m’avait invitée… Et maintenant dans le hall de l’IPH, et bientôt… Marchant sur les traces de l’origine de l’homme vers où Je suis en route J’ai toujours été en route comme dit mon vieil ami Cendrars.
L’autre jour à l’église Saint-Sulpice j’ai contemplé les reproductions photographiques grandeur nature du Saint Suaire de Turin, songeant à Dominique Autié qui en parla comme des traces de mains dans la grotte de Gargas, que nous eûmes tous deux la grâce de parcourir en y semant nos paroles poétiques comme des petits cailloux pour un groupe de visiteurs (et où, bien avant cela, je conduisis un jour une équipe de télévision, ainsi qu’à Lourdes, établissant pour ma part la correspondance entre les deux grottes), songeant aux empreintes, traces et restes de toute sorte que nous laissèrent nos lointains aïeux, et aux hommes et femmes d’aujourd’hui qui travaillent à reconstituer par elles notre commune histoire, songeant au Christ bien sûr, à son passage de la vie à la mort vers de nouveau la vie, songeant à travers lui aux foules humaines dans leur traversée du temps… notre traversée… tumultueuse et pleine de conflits, risquée, mais si puissante, animée, certaine… Mort, où est ta victoire ?
On peut lire ici un bel entretien avec Henry de Lumley sur « les racines du sacré », où l’on retrouve, entre autres, Gargas et Moïse…
Image : Hadès Park, de Cedric Tanguy
11:27 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature



