16.06.2008

Une nouvelle et belle lecture de "La jeune fille..."

Parmi les ouvrages suscités par le cent cinquantième anniversaire des apparitions à Lourdes, « La jeune fille et la Vierge » contrairement à ce que l’on a pu lire n’est pas un roman ni dans le fond ni dans la forme. C’est d’abord une méditation, souvent poétique, fortement ancrée dans la vie quotidienne de Bernadette, dans son milieu géographique et la société de son époque.

S’appuyant sur de nombreux témoignages recueillis à partir des archives officielles, l’auteur avec respect, force et fidélité fraye un passage à Marie par Bernadette vers l’Inattendu, message de Lourdes pour les communautés d’alors et de maintenant.

Bernadette est héritière selon le droit coutumier, héritière d’une famille réduite à la plus grande précarité, enfin héritière du message que lui transmet « Aquero » (rappelons que ce pronom issu de « aquello » en espagnol souligne toujours une relation à distance, respectueuse ; pronom neutre dit le dictionnaire, ici nous dirons pronom « voilé »…. en route vers la révélation de Sa propre Identité par la Vierge.

« J’espère avoir laissé assez de vide dans ma construction » dit Alina Reyes. En fait, à aucun moment l’auteur ne se choisit : son ego est très maitrisé de telle qu’ elle peut devenir passeur pour dire le flux et le reflux des foules en pèlerinage, l’évolution des sanctuaires depuis les apparitions jusqu’à nous. Elle reconnaît les souffrances, les manques mais aussi les actions de grâce et les offrandes.

Cet ouvrage nous livre le message marial qui advient au moment où le positivisme le dispute à l’idolâtrie ; il nous dit aussi que le visible est trop souvent préféré à l’invisible, le bruit préféré aux murmures du phrasé délicat de Notre Dame : Alors Elle dépose en Sainte Bernadette la responsabilité….d’une annonciation.

Alina Reyes est un auteur reconnu, courageux dans ses prises de position féministe, libre, libertine. Ici, point de sensationnel de voyeurisme mais un respect de l’itinéraire de Bernadette avec forcément sa part de mystère, de secret à méditer, à partir de « ces mots qui ouvrent la possibilité au silence » écrit-elle.

Ce livre évoque aussi clairement les forces du mal au travail dans le monde. Ces forces destructrices obéissent à une loi mortifère qui interpelle le péché et son pouvoir justifiant précisément cette loi. Alina Reyes nous dit que sera toujours préferable l’Alliance consentie : premier message de Lourdes, confirmant la primauté de l’Esprit.

Merci à l'auteur de cette critique, de la Maison d'Eglise des catholiques à la Défense 

21:32 Publié dans Lourdes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature