03.09.2008

Joseph Ratzinger-Benoît XVI, « Jésus de Nazareth » (3, l’Évangile du Royaume de Dieu)

 

 

Où est le Royaume de Dieu ? Oh, je le sais bien, quand je le suis ! Il est mon être où résonne et rayonne l’Amour, il est moi qui ne suis plus moi, mon corps qui n’est plus mon corps, il est le cœur et son chant, son rayonnement depuis mon être,  depuis partout, à travers mon être, au-delà de mon être qui se surpasse aux dimensions cosmiques, qui se surpasse, vibrant de cette même joie qui dans le même temps creuse jusqu’à l’infiniment petit en lui, le creuse jusqu’à la source de toutes eaux douces et salées, jusqu’aux larmes de vie retrouvée qui montent en moi comme la mer.

Qu’est-ce que le Royaume de Dieu ? Où est-il ? C’est la question que pose Benoît XVI dans le troisième chapitre de ce livre. « Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée poclamer l’Évangile de Dieu », raconte Marc – autrement dit, par Matthieu : « l’Évangile du Royaume ».

Tant pis pour les hommes s’ils manquent de foi, disais-je dans la note précédente. J’aurais aussi bien pu dire : s’ils manquent de discernement, de subtilité, d’intelligence du cœur et de l’esprit. Car tout nous est donné, toute lumière sur ce qui peut sembler obscur. La plupart du temps nous somnolons, voilà pourquoi nous confondons la foi avec la croyance crédule, alors qu’elle est contemplation de la vérité dans l’éveil, et action de la vérité.

Traduire Évangile par Bonne nouvelle, c’est rester bien en-deçà de la dimension de ce mot, dit Benoît XVI. La « bonne nouvelle » est en réalité une parole salvifique. Un discours performatif, et non pas seulement informatif. Si Marc parle d’ « Évangile de Dieu », c’est pour bien marquer la différence essentielle avec les messages des empereurs, alors appelés évangiles. « Il s’agit ici de la parole de Dieu, qui est parole en acte ; elle fait advenir réellement ce que les empereurs ne font qu’affirmer sans avoir la capacité de le réaliser ».  (C’est ainsi, songe votre serviteuse, qu’une vraie parole d’amour et de vérité me transporte réellement au Royaume, me transforme même en Royaume).

Si le Royaume de Dieu est « le cœur du message de Jésus », on ne peut, montre avec beaucoup de finesse Ratzinger, le réduire à une eschatologie, ni à une pure intériorité de l’homme, encore moins à une sorte de projet politique de paix universelle. Le Christ nous le fait souvent comprendre dans les Évangiles, le Royaume, c’est lui. Le Dieu vivant, présent, au milieu de nous.