08.09.2008
Joseph Ratzinger-Benoît XVI, « Jésus de Nazareth » (5, la prière du Seigneur)

Le Notre Père veut former notre être, il veut nous mettre dans les mêmes dispositions que Jésus.
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Cela veut dire qu’il plonge dans une grande profondeur, au-delà des mots. Il englobe toute l’étendue de l’humanité de tous les temps
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Grâce à leur union intime avec le Seigneur, les grands priants de tous les siècles ont pu descendre dans les profondeurs au-delà des mots
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Ainsi, le cœur de chacun s’ouvrira et il verra comment le Seigneur veut à ce moment prier avec lui.
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Le père Hans Peter Kolvenbach parle dans son livre d’exercices spirituels d’un starets orthodoxe qui ne pouvait s’empêcher « de faire réciter le Notre Père en commençant par le dernier mot, afin qu’on devienne digne de clore la prière avec les paroles initiales : « Notre Père ». De cette manière, déclarait-il, on prend le chemin pascal : « on commence dans le désert avec la tentation, on retourne en Egypte, on parcourt à nouveau le chemin de l’Exode, par les stations du Pardon et de la manne de Dieu, pour arriver grâce à la volonté de Dieu dans la Terre promise, le Royaume de Dieu, où il nous communique le mystère de son nom : ‘Notre Père’ ».
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Ce qui a commencé avec le Buisson ardent dans le désert du Sinaï s’accomplit avec le Buisson ardent de la croix (…) Est-ce que je me tiens avec une crainte respectueuse devant le mystère du Buisson ardent, devant l’énigme insondable de sa proximité jusqu’à sa présence dans l’Eucharistie, dans laquelle il se met vraiment entre nos mains ? Est-ce que je veille à ce que Dieu avec nous, dans sa sainteté, ne soit pas traîné dans la boue, mais qu’il nous élève à la hauteur de sa pureté et de sa sainteté ?
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Le Règne de Dieu vient à travers un cœur docile. Tel est son chemin. Et c’est pourquoi nous devons prier sans cesse.
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La terre devient « ciel » seulement si et dans la mesure où la volonté de Dieu y est faite… Comment la reconnaître ? Comment pouvons-nous la faire ? Les Écritures Saintes posent qu’au plus profond de lui-même, l’homme connaît la volonté de Dieu, qu’il existe une communion de savoir avec Dieu, profondément inscrite en nous, que nous appelons conscience (…) il existe une flamme doucement vacillante qui risque trop souvent d’être étouffée sous les cendres des préjugés gravés en nous.
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« C’est donc avec raison que le disciple du Christ demande sa nourriture au jour le jour, puisqu’il lui est défendu de s’occuper du lendemain. » [citation de saint Cyprien]
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De fait, les Pères de l’Église ont presque unanimement compris la quatrième demande du Notre Père comme une demande eucharistique.
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La demande de Pardon est plus qu’un appel moral, ce qu’elle est aussi par ailleurs (…) Elle nous rappelle celui qui, par le Pardon, a payé le prix de la descente dans la misère de l’existence humaine et de la mort sur la croix. Elle nous appelle à en être reconnaissants, mais aussi à résorber, avec lui, le mal par l’amour, à le consumer par la souffrance.
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Ce n’est pas seulement après la mort, mais en elle et durant toute sa vie, qu’il doit d’une certaine façon « descendre aux enfers », dans le lieu de nos tentations et de nos défaites, pour nous prendre par la main et nous tirer vers le haut.
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Oui, nous pouvons, nous devons demander au Seigneur qu’il délivre le monde, nous-mêmes et les hommes, et les peuples qui souffrent en grand nombre des tribulations qui rendent la vie presque insupportable (…) que nous discernions le « Mal » comme la véritable adversité et que jamais nous ne soyons empêchés de tourner notre regard vers le Dieu vivant.
01:51 Publié dans Jésus de Nazareth | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme



