17.01.2009
Épouser la terre. Les artistes pour lesquels j'ai travaillé jusqu'à présent
Il y eut d'abord Gilles Berquet, qui me demanda une préface pour son livre AME, au début des années 90. On peut explorer ici son beau site internet. J'insistai sur le caractère joueur, presque enfantin et innocent, au-delà des apparences troubles ou sombres, de son univers.
Je vois qu'aujourd'hui son travail, passé à l'extérieur, révèle une lumière véritablement étonnante, assez vertigineuse - au point où, je le sais, le vertige peut opérer un renversement du charnel dans le spirituel. En voici deux exemples :
... et :

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En 2005, Léon Mazzella, alors éditeur chez Fitway Publishing, me demanda, pour une publication simultanée en quatre langues, un texte pour accompagner les photos des splendides nus féminins de Bernard Matussière.
Je lui proposai de poser moi aussi pour une petite image à insérer au début du livre, manière de m'impliquer dans la démarche des modèles. Nous fîmes la photo dans son atelier à Montparnasse, et je me souvins de ce lointain cousin qui hanta le quartier toute sa vie, posant nu pour nombre d'artistes, de Rodin à Germaine Richier, en bohème, de sa toute jeunesse jusqu'en sa vieillesse.
Dans la foulée si je puis dire, je posai nue aussi pour Christophe Mourthé, dans son atelier de Montmartre, avec le livre, pour un article dans... Playboy !
Fitway ayant été racheté par un groupe californien qui me laisse sans nouvelles, j'ai mis ici le texte écrit non pas sur les photos de Bernard Matussière, mais en accompagnement de son travail, que l'on peut découvrir ici sur son site, où j'ai trouvé notamment cette image dont j'apprécie la consistance nocturne :

La Torch Gallery, d'Amsterdam, me demanda en 2006 un texte pour accompagner le catalogue d'une grande exposition de Terry Rodgers.

Ces grandes toiles surpeuplées de rien, dans lesquelles jamais les regards ne se croisent, bien sûr symptômatiques d'une certaine modernité, qui peut rappeler cette sorte de surabsurdité et surdité contemporaines peintes aussi en littérature par Bret Easton Ellis, m'inspira ce texte, "Les absents", que l'on peut lire ici sur le site de l'artiste américain.
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Il m'est arrivé de donner aussi des textes pour accompagner des expositions, par exemple à la jeune photographe Anne Sophie Jal, dont le site est ici. Il s'agissait alors de textes issus de mon livre Corps de femme.
Deux ou trois autres fois, j'ai donné des petits textes, inédits ou non, à des artistes qui m'en avaient fait la demande, mais ils ont oublié de m'envoyer ensuite leurs ouvrages et du coup j'ai oublié leur nom.
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"Petits pas d'or dans tes allées..."
Cet automne, j'ai donné à Sophie Bassouls (ici son site) sept petits poèmes (que l'on peut lire ici) pour accompagner ses images de nu masculin, photos retouchées d'or comme si, par ce travail de sa main sur la photo, Sophie avait trouvé un moyen de toucher son modèle sans le toucher...
Photos-tableaux et poèmes d'amour-désir pour l'homme ont été exposés jusqu'à ces derniers jours, soit durant neuf semaines, dans ce haut lieu du MLF, la galerie des éditions Des Femmes !
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"Astuta, pungente, anticonformista, Alina presenta un tracciato sincero di vita. (...) E poi… (la frase clou del libro intero)”avere coscienza del proprio corpo e dei propri desideri significa aprire le porte a ogni sorta di disobbedienza. Cosa che nessuna forma di potere tollera”."
(ici, sur "Corpo di donna")
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“De la plante des pieds elle épouse la terre, talon voûte orteil posent des baisers de chair sur le sol sablonneux, les cailloux du chemin, les herbes tendres et les herbes dures des sentiers du rêve, car le rêve est le monde, et dans ce monde les humains se mettent en marche, passé présent et avenir confondus dans une même aventure, portés par le rêve de leurs pieds les humains parcourent le vaste espace, défaits de toute lourdeur les humains nomment et animent le monde, leurs pieds nomment toute chose du chemin, arbre pierre rivière, donnent histoire à toute chose, et les peuples se croisent, peuplent le monde de réseaux, des pieds par myriades foulent le sol en suivant les dessins du tableau, jaune, rouge, la terre se pique de myriades de pas, pour seule richesse et possession les humains ont leurs pas, leurs pas mot après mot qui tracent des phrases dans l’espace….”
(in Corps de femme)
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