25.01.2009
Cènes
Le 14 septembre dernier, à Lourdes, j’ai déjeuné en compagnie de 176 évêques, tout empesés de la tête aux pieds. Au bout de la cafétéria, juste après la table où se trouvait Bernadette, non pas Soubirous mais Chirac, Céline et moi avons trouvé une table miraculeusement déserte de toute insigne personnalité et même de toute personne. Nous avons déposé nos plateaux là, derrière la grande baie vitrée donnant sur le ciel et les montagnes. Avant d’être rejointes par deux petits curés du pays, comme nous égarés dans ce rassemblement de représentations, et doux comme des agneaux. Avec eux j’ai parlé de la vie quotidienne ici, de la neige, des vautours… Ce fut vraiment un bon moment, de tendre et fraternelle proximité. Quand nous nous sommes levés pour aller chercher un dessert, il ne restait quasiment plus rien, les corbeaux avaient tout mangé.
Le Christ vivant se refuse-t-il à une partie des hommes ? Ne donne-t-il pas de son pain même à Judas ? N’est-ce pas sa vocation même de se donner à tous ? Ne sommes-nous pas, les hommes, le corps entier du Christ ? Ne Le mutilons-nous pas en instaurant une séparation entre ceux qui « y ont droit » et ceux qui « n’y ont pas droit » ? Jésus n’a-t-il pas approuvé la femme qui lui a dit que même les petits chiens ont le droit de manger les miettes sous la table ? (Lumière dans le temps)
12:24 Publié dans Dans le Temps, journal, Lumière dans le temps | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme



