01.02.2009
Mon Dieu, le loup ! (Il est strictement interdit de jouir en lisant)
Comme si nous n’avions pas assez de tracas avec le loup dans la bergerie romaine (voir mes notes précédentes), voici maintenant, nous apprend un journal du soir, que la bête immonde est dans les bois. Maudite forêt profonde, elle n'a pas fini de nous en faire voir ! Loup y es-tu ? Comme la presse française est audacieuse, comme elle sait nous révéler des vérités cachées, les dessous de bien sombres affaires ! Attention, lecteurs sensibles, il s’agit de rien moins qu’« un scandale » ! C’est le journal Le Monde himself qui vous le dit ! Figurez-vous que « Sur la couverture des poches est collé un macaron signalant à l'attention du futur lecteur que s'il achète deux livres, il lui sera offert "un cadeau coquin".
Comment, quoi ? Un loup rose ? Offert pour deux titres érotiques achetés en Points Seuil ? (Points Seuil qui offre aussi, pour deux polars, un CD, mais ça tout le monde s’en fout) (pardon).
J’ai encore une petite boîte à épices reçue un jour en cadeau lors d’une opération marketing de Folio, j’ai aussi un tablier de cuisine donné également par le libraire de la part de je ne sais plus quel éditeur, Gallimard peut-être… Oui oui ils font tous ça depuis fort longtemps, histoire de donner un petit coup de fouet (pardon) à telle ou telle collection, personne n’y a jamais rien trouvé à redire, mais là, un loup rose ! Un loup rose ! Dix mille loups « roses schoking » [sic] ! Il en perd son orthographe, le plumitif de service, sainte-nitouche tout effarouchée, il en perd même la raison, dans son trouble adaptant le cadeau en question, un loup en satin, à son fantasme personnel sans doute, puisqu’il nous parle de « bandeaux », « utiles pour jouer à colin-maillard, mais peu recommandés pour profiter des joies de la lecture ». « Profiter des joies de la lecture », comme c’est bien dit.
Aux lecteurs, justement : si cela vous amuse, les livres dans cet habillage rose sont en tirage limité, allez voir ça en librairie. Pour ce qui est de mon Boucher, « magistral exercice d’équilibrisme sulfureux, captivant et dérangeant » (écrit dans son bulletin l’éditeur, qui devait avoir ce jour-là le nez bouché, pour confondre le parfum des roses et du sang avec l’odeur du soufre), vingt ans après il se vend encore, en français, à environ deux mille exemplaires par an, si je me souviens bien de ce que m’a dit l’éditrice, et ma foi, il est toujours lu aussi dans une multitude de langues. Pour l’ensemble de l’opération, toutes infos ici, dans Le Monde… bravo à l’équipe marketing, donc !
Et que vous ayez ou non déjà lu Le boucher, pensez aussi à Lumière dans le temps, vous verrez, c’est aussi bien ou même mieux - j'y parle d'ailleurs du Boucher, entre autres.
Puis, à paraître en février, Une nuit avec Marilyn, suivi de la Dameuse et Psaumes du temps présent : 

00:27 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature




