22.08.2009
Le Renouveau
Toutes ces petites églises fermées, dans mes montagnes. L’amateur de beautés baroques reste à la porte, comme le croyant.
Partout où je vais en France, les gens me disent « il faut bien que les laïcs secondent les prêtres, puisqu’il n’y a plus de prêtres ». Les laïcs célèbrent des enterrements, par exemple. Et le plus souvent les paroisses ressemblent à des clubs du troisième âge. Entre l’âge du catéchisme et celui de la retraite, si peu de monde. Comme si la religion ne concernait que les scolaires, les personnes désoeuvrées, quelques familles traditionnelles, ou bien à l’occasion, des gens en train de se marier ou de mourir. Et les gens dans la force de l’âge ? Et les actifs, les joyeux, les inventants, les risqueurs, les vivants ?
Eh bien non, je n’ai pas envie que des laïcs plus ou moins bien formés, et non investis de l’autorité de Dieu, remplacent les prêtres. Je n’ai pas envie que l’Église fonctionne comme le club Med grâce à de « gentils animateurs ». Ni que les curés passent leur temps à courir d’une église à l’autre pour célébrer tantôt ici et tantôt là. Ce que je veux, c’est un prêtre dans chaque village. Il suffit de faire en sorte que la vocation de prêtre ne reste pas quasi impossible, comme elle l’est devenue. De redéfinir l’état et le ministère du prêtre. Et de redonner aux hommes le goût de Dieu. Pas de recette miracle, mais tout un travail de renouvellement des esprits, de renouvellement du catholicisme. J’espère en le Renouveau et j’y travaille de tout mon être, comme d’autres.
La priorité est de mieux former les croyants, prêtres et fidèles, à la prière. Car le problème vient avant tout d’une terrible méconnaissance de Dieu. Il faut lutter contre cette méconnaissance, qui ouvre la voie au doute chronique, à la tiédeur, voire l’acédie, et toutes les erreurs, les perversions du fait religieux. Il faut que les croyants puissent avancer assez dans la connaissance de Dieu pour en venir à faire réellement sa volonté, actualiser sa vérité, préparer son règne. Seule la prière, et non pas seulement la récitation mécanique de prières, permet cela. Avec la lecture toujours renouvelée des Écritures, bien sûr.
Que la formation des prêtres comprenne une année au moins de « désert », au sein d’un monastère ou en ermite attaché à un monastère. Il faut repenser, libérer et exalter la vie de prêtrise, afin que les vocations renaissent.
Que le prêtre ne soit pas seulement le célébrant de l’eucharistie, ce qui reste bien sûr l’essentiel, mais qu’il soit aussi un enseigneur très actif. Que l’empreinte sur les enfants soit à la fois plus légère, plus respectueuse de leur liberté (qu’on ne fasse pas appel à leur crédulité ni à leur façonnabilité) et plus profonde (qu’on fasse appel à leur intelligence personnelle du mystère, qui est très grande - ce qui ne peut être fait que par des personnes hautement spirituelles).
Que le prêtre puisse aussi proposer un enseignement constant aux adultes, tout au long de leur vie, un enseignement qui soit un réel chemin adapté à chacun. Qu’il (ou elle) occupe une fonction comparable, dans sa centralité décentrée, à celle du sage, du chamane ou du griot dans les sociétés traditionnelles. Qu’il n’apparaisse pas comme le gardien de l’ordre établi, comme ce fut le cas par le passé, mais comme un accompagnateur et un guide vers les hautes montagnes de la pacification personnelle et inter-personnelle. Pour cela, que la quête de la vérité reste l’objectif constant du prêtre et des fidèles.
Qu’il soit réellement une haute autorité spirituelle, morale et charitable, capable d’écoute et de réponse profondes. Que son action aide véritablement ceux qui le fréquentent, et attire les profanes. Il n’y aura alors pas trop d’un prêtre par village, et le monde tournera autrement.
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Le Journal d’une bienheureuse se poursuit ici (l’autoportrait aux animaux a été pris au parc animalier d’Argelès)
15:40 Publié dans Bénédictions | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme



