29.08.2009

Heureux

Le chemin, c’est la prière.
Cheminer dans la foi n’est pas se déplacer à la surface du monde, mais habiter. Habiter en creusant profondément son chemin dans l’être.
Comment être, pour habiter le monde en harmonie avec soi et avec autrui ? Comment être, pour vivre d’une vie, d’un amour, qui vainquent réellement la mort, l’ennui, la dissension, la maladie, toutes les forces morbides, pirates, qui arraisonnent l’homme ?
Comment entrer réellement, effectivement, dans le renversement des valeurs de ce temps voué à l’idolâtrie industrielle, médiatique, mercantile, et à la pensée magique des technologies, des sciences qui trafiquent le vivant ?
Comment passer de la vie ordinaire, plus ou moins accablée, à la vie bienheureuse et donnée en partage entièrement ? Comment entrer pour toujours dans le règne de la grâce, qui l’emporte sur le péché ?
La prière est ce passage, ce chas de l’aiguille par où peuvent passer les pauvres. Pauvres de cœur, détachés de ce monde, donc dépouillés aussi de leur aliénation à ses représentations mensongères, et de leurs richesses, ou désirs de richesses matérielles. La prière est cet apprentissage de la pauvreté, de cette nudité qui nous fut donnée puis oubliée, et qui conduit de la vie naturelle à la vie surnaturelle.
Transformation de l’être, transformation de la vie que l’on pourrait nommer surexistentialisme, ou mieux survivance, non dans le sens restrictif du terme, mais dans le sens d’accession à une vie supérieure, au-delà de la mort, ici même, déjà, sur terre.
Mon Dieu n’est pas un crucifix dans quelque sombre recoin d’une église ou dans une chambre sentant le renfermé, il est une Personne vivante, la grâce incarnée. Non pas le Dieu de la délectation morose, de la résignation, des jougs pesants, mais celui de l’amour de la vie, du don de soi joyeux, du dialogue et de la liberté en marche, de l’élévation au-dessus des nécessités et des contingences.
C’est par la prière que nous nous rejoignons, Lui et moi, tous les êtres humains et moi. C’est dans la prière, en pensée, en parole et en acte, qu’Il nous attend, pour nous assumer dans sa résurrection.
Aidons le Ciel, il nous aidera.

*

Marie-Hélène m'envoie ce lien "pour voir le temps qu'il fait à nos granges", la sienne se trouvant juste en face de la mienne, avec la caméra sud-ouest. Et cette image prise par elle devant sa grange, dimanche dernier :

 

par mh.jpg

nous sommes heureux