31.08.2009
à l'Église
L’Église est en avance parce qu’elle est surnaturelle. « Corps mystique du Christ », cela signifie quoi ? Elle procède de Jésus, qui a annoncé à Pierre que sur lui Il la bâtirait. C’est bien lui, le Christ, qui la bâtit, et non Pierre, sans qui pourtant elle n’existerait pas. L’Église est le processus du Christ dans le monde, un organisme mystique en évolution, celui du Verbe incarné. Dans et par la prière.
L’Église prie comme les astres dans le ciel, à toute heure par sa prière elle emplit le cosmos de grâce et de contact entre Dieu et l’homme. Sans le savoir peut-être, en se faisant patiente elle prie Dieu de patienter, en chantant la promesse de Dieu elle renouvelle la promesse implicite de son épouse, l’humanité, de le rejoindre pour l’accomplissement de l’amour, de la joie, de la sainteté.
L’Église est à la proue du bateau de l’humanité, et elle a ses veilleurs, là-haut sur le grand mât. Sainte Église en dépit de tous tes errements, tu es splendide à contempler, comme la fantastique nature et l’étrange âme humaine. Crucifix, peintures et statues, cierges, bougies, vitraux, lustres, toutes tes lumières dansent doucement de par le monde, et tu murmures des mots d’amour à travers siècles comme la fiancée écrit à son promis lointain, ou lui parle sur la peau quand ils sont réunis.
Qui n’aime entrer dans cette chambre nuptiale, l’ombre lumineuse d’une église ? Ô vous, nos prêtres bien-aimés, qui avez l’insigne honneur de célébrer la messe, guidez-nous bien, enseignez-nous à être réceptifs, donnés, donnants, pour vivre tous les sept jours la consommation des noces spirituelles, qui nous font mourir et revivre d’amour ! Qui n’aime découvrir, au détour d’un paysage, un monastère, un couvent, une abbaye ? Quel cœur, même incroyant, ne rêve alors un peu, un instant, de cette pure vie dans l’autre monde au sein du monde, dans l’éternité au sein du temps ? Qui ne serait détruit en perdant sa mémoire, en voyant coupées l’une après l’autre toutes les racines vives de son être ?
Ô mon Église qui perd ses consacrés, nos églises désertées, je vous en prie, n’ayons pas peur, évoluons ! J’ai foi en l’Esprit Saint, qui nous guidera, malgré la nuit et les écueils, vers l’aube où les sentinelles crieront : Terre Promise !
Ô vivante eucharistie, pierre d’angle de l’être.
Ô sainte Église, ma mère, qui veille tout au long du jour, se réveille la nuit, pour Dieu, ce tout-petit qui nous est né. Qui lui chante des paroles rythmées, qui racontent encore et encore des histoires de vie, l’histoire sans fin de notre amour, qui lui disent sa puissance cachée, notre espérance et notre adoration !
Ô sainte Église, mes pères, qui mettez pour nous la table et seuls en ce monde nous tendez sévèrement l’icône de notre conscience, seuls en ce monde nous donnez le pardon de Dieu.
Ô sainte Église, mes frères, mes sœurs, dédiés à la prière, à la contemplation, à l’étude, au soin, à l’accueil, à l’éducation de vos millions de petits frères et sœurs.
Merveilleuse, poétique, vivante Église, je t’aime, j’ai foi en toi. Prends ton temps, comme par les siècles des siècles, comme toujours prends ton temps, ce temps qui n’appartient qu’à toi, et qui sait.
15:09 Publié dans Bénédictions | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme



