08.09.2009

Pain de ce jour

DSC05643.JPGLe monde ne me nourrit pas. Je ne peux pas manger de cette nourriture, si grossière. J’ai faim de Dieu. J’ai faim d’amour, de beauté, de silence. J’ai faim d’être avec Lui, qui me donne toute plénitude, toute joie, toute vie. J’ai faim d’être au fond de la forêt, au milieu de la clairière, en haute mer, sur la route sans fin. D’être à travers les hommes, d’être dans les yeux des enfants, et de chanter. J’ai faim de montagne, de vent, de pluie, de levers du soleil, et de marcher. Qui d’autre que Dieu pourrait apaiser ma faim, ma brûlure ?
Je ne veux pas seulement discourir sur la prière, je veux témoigner de la façon dont je la vis. Je veux partager ma prière avec vous, comme je partage la vôtre, mystérieusement.

Je suis en Dieu.
Je mène la grande vie en Dieu.
Je suis bienheureuse.

En vérité la prière ne vient pas de nous, elle vient à nous, en nous, si seulement nous voulons bien l’accueillir. Elle vient pour nous sauver. Non pour nous faire fuir le monde et ses difficultés, mais pour nous sauver à l’intérieur même du monde, en nous transformant, de sorte que dans notre faiblesse nous soyons plus forts que le monde, et que notre vie, peu à peu, elle-même transformée, ait le pouvoir de transformer le monde. La prière, mouvement de la plus grande humilité, nous confère la plus grande puissance.

Ce geste profond, la prière, et qui n’en finit pas de s’approfondir en nous élevant, est le puits, le réservoir où se nourrit un dynamisme surnaturel, la source de l’énergie créatrice. Dieu prie, et nous apprend à prier, afin que nous puissions le rejoindre. L’amour fait la prière, et la prière fait l’amour. Le fruit de cet amour, on ne peut presque rien en dire, mais c’est lui, le fruit de l’arbre de Vie. Ce fruit mûrit en nous à mesure que Dieu nous épouse, et c’est la vocation de tout être humain, la raison de notre passage sur terre, d’accueillir en nous l’oeuvre de Dieu, afin d’œuvrer avec lui, dans l’amour, à l’accomplissement de l’Homme.