26.10.2009

Grâce


IMGA0335.jpgCette nuit j’ai fait des rêves merveilleux, si merveilleux qu’ils me réveillaient, dans un état de grâce extraordinaire, puis me rendormaient et continuaient. J’étais dans les rochers, dans l’eau, à Finisterre, en Galice, au bout du bout du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, où je fus à Pâques en 2007 (c'est la photo). Grande lumière, grande douceur, transparence de l’eau, vie partout. Un serpent de mer grand et gros comme un boa circulait lentement, passant jusque sur mes cuisses nues, mais je n’avais aucune peur, je savais qu’il ne me ferait pas de mal.

Ensuite j’étais sous l’eau, dans la beauté translucide, d’autres personnes étaient là, nous étions comme un équipage, et je respirais parfaitement, comme un poisson dans l’eau, cette eau était une eau de lettres.

Ce matin à Cœur du 5 bonheur de revoir tous ces amis, oui je les aime, ils me donnent leur grâce d’êtres à nu, c’est ce que je cherche, les êtres à nu, et tout le monde est si habillé en ce monde ! À la montagne aussi j’aime parler avec les êtres à nu, les plus simples, ceux qui vivent en direct avec la nature. Car le dehors, la Création, et même la rue déploient en l’être toute une richesse inouïe, que nous ne savons pas voir, le plus souvent.

Quelqu’un a parlé de la grippe A, du vaccin contre cette grippe, j’ai dit que je trouvais qu’il fallait refuser ce vaccin. Mais toi t’en as pas besoin, a dit Claudius, le dormeur des quais, tu repousses toute grippe, toi ! C’est vrai, j’ai dit, parfois elle essaie de m’attraper, mais elle s’y sent pas bien, elle repart vite ! Quand il a su que je partais à Istanbul, il voulait se mettre dans ma valise, Didier le dormeur d’Austerlitz aussi, j’ai promis de penser à eux tous et de leur envoyer une carte postale.

Nico arrive et me raconte qu’il prépare avec deux danseuses un spectacle mêlant danse vivante et réalité virtuelle interactive. Je pense à cet Asiatique à barbe blanche qui bougeait avec des gestes de chorégraphie, tout à l’heure, au square, dans le rond des tout-petits, s’accompagnant de temps en temps du mouvement d’un cheval de bois auquel il donnait l’impulsion.