31.10.2009
Heureuse
Pour mon premier jour, j’ai eu toute l’après-midi de libre. Et j’ai marché toute l’après-midi, seule sous la pluie, circonvoluant dans les ruelles depuis Taxim jusqu’au pont de Galata. À me perdre souvent, ce qui me donnait le plaisir de demander mon chemin aux uns et aux autres. Même les dragueurs, même les vendeurs, même les travailleurs ombrageux dans les rues près du Bosphore, dès que vous leur demandez votre chemin, deviennent serviables, souriants et respectueux comme des anges.
J’ai acheté une carte postale pour mes amis de Cœur du 5. Comme c’était mon premier achat, je n’avais pas de monnaie, seulement un billet de cinquante que m’avait donné l’Institut Français. Alors le vendeur, très gentiment, m’a dit de prendre la carte sans payer. Je n’osais pas, la vendeuse s’y est mise, toute sourire aussi. Ils me l’ont mise dans une pochette et me l’ont tout simplement donnée.
L’eau dévalait dans les rues et les ruelles cabossées, j’avais la capuche de mon blouson sur la tête, en jupe, pieds nus dans mes sabots, j’étais heureuse. Je suis restée longtemps avec les pêcheurs, sur le pont. De nombreux oiseaux traversaient le ciel, des mouettes mais aussi des oiseaux en formations migratoires. J’étais heureuse.
Le soir nous avons dîné dans un bon restaurant turc (j’adore la cuisine turque), avec Olivier Rollin, François Marthouret, d’autres personnes bien sympathiques aussi, c’était agréable mais les écrivains, les journalistes, etc, font partie des gens qui ne peuvent pas comprendre ce que je dis, alors je ne parle pas trop. Ce n’est pas grave, je parle avec d’autres, ailleurs, où ça ne se voit pas, et puis je parle autrement ailleurs, ici par exemple, et quand je vais faire mes conférences, les jours prochains.
Ici il est une heure de plus qu’à Paris. Je me suis levée très tôt pour l’avion, je suis un peu fatiguée. Vous trouverez mes photos d’Istanbul ici, au fur et à mesure.
00:25 Publié dans Istanbul, Un lieu | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature



