14.12.2009

La vie suffit


Ne jamais oublier de renouveler en soi l'expérience du désert. Je l'ai faite, je la fais et refais en vrai, dans les déserts intérieurs comme dans des déserts de sables ou de pierres. Divers déserts que j'ai traversés, en voiture ou à pied, d'autres où j'ai vécu, dans le sud marocain et surtout dans mes montagnes. Car voici ce qu'ils enseignent : CE N'EST PAS GRAVE. Ce n'est pas grave, tous les tracas que vous fait le monde. Tant pis pour lui, s'il ne sait pas vivre sans cela. C'est lui qui est dans la misère, d'avoir tant besoin de divertissement. Alors que la vie suffit.


13.12.2009

cœur pur et pied léger


Ce soir à Saint-Médard. Le prêtre parle des « cœur pur et pied léger » que nous donne le Christ. Puis je le mange, Il est en moi, je rentre bienheureuse dans la nuit, je croise mes deux derniers fils sortis avec une bande de copains, je poursuis, cœur pur et pied léger, je rentre à la maison, je songe aux paroles qui me viennent, de jour, de nuit, dans la veille, dans le sommeil, je sens que je suis Lui, avec sa présence, sa connaissance, sa mission, ses souffrances, son amour, son énergie, son autorité.

Noël cette année sera différent, et magnifique aussi. Mon Dieu, sauve tes enfants, tu connais tous ceux pour qui je prie, ceux qui sont dans la lumière de mon cœur, Didier, Claude, Katie et tous les autres, mes proches et mes lointains, et reste bien à mes côtés, je veux combattre toujours mieux pour toi.

à propos de grâce et de combat : une conversation ici, à laquelle je participe


Noël

DSC02572.JPG(cliquer sur les photos pour les voir en grand)

il y a exactement un an, je suis allée au Mont-Valérien, voir l'endroit où aurait lieu la crucifixion, dans Souviens-toi de vivre

 

DSC02586.JPGles jours suivants, je suis allée voir la crèche à Notre-Dame

 

DSC02603.JPGà Saint-Sulpice, il y avait plusieurs crèches

 

DSC02733.JPGpuis ce fut la crèche vivante

 

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dans notre grange à la montagne (j'ai flouté l'image en rond tout autour d'elle, sur la gauche, dans la forêt)

11.12.2009

Voyage en haute conscience

Coupes de cristal, justice et amour entre mes côtes
Se lèvent, s'élèvent, hors de la clôture,
Et radieuses dans le silence de lumière,
Dominant le monde aux aboiements lointains,
Au centre même du frémissement,
Du baiser attendu aux longues résonances,
Doucement l'une de l'autre s'approchent,
Du bout de leur lèvre nerveuse se mordent,
Tuant de joie le ciel en moi.


10.12.2009

Rendre grâce à la beauté de l'amour


Réveillée ce matin en chantant Douce nuit, sainte nuit. « Il y avait si longtemps que je n'avais pas fait l'amour avec amour ». Je n'oublierai pas ces paroles, ni ces gestes. Douces nuits, saintes nuits. Je le vois encore, tout homme qui m'a aimée de son corps repose paisiblement, pour toujours, dans la lumière de mon cœur.

 

09.12.2009

Immaculée Conception, Photo Graphie

baleine.jpg

 

J'ai vécu jadis avec un photographe, c'est lui qui fit mon portrait en noir et blanc pour la parution de mon premier livre. Les photographes m'ont toujours bien aimée, et j'ai toujours su que la photographie avait quelque chose à voir avec l'expérience de la mort.
medium_alinareyes4.jpgJustement cette expression est parfaite : quelque chose à voir avec.

Je suis « morte » au printemps 2007, j'ai acheté mon appareil photo en janvier 2008. Depuis je fais beaucoup de photos. Sans technique, avec mon petit appareil en mode automatique, et seulement un peu d'instinct. Hier en marchant j'ai songé que je cherchais à saisir, chaque fois, par la composition de la scène, une parcelle de Dieu. Mais ce n'est pas exactement cela : en vérité, je marche, et en avançant dans la profondeur du monde, je me mets en état d'être saisie comme parcelle de Dieu. C'est elle, la lumière, qui me saisit au moment où je déclenche - si nous dansons ensemble. Comme un voltigeur il arrive que je ne saisisse pas la main de mon partenaire au moment où nous nous croisons, ça ne fait rien, nous échangeons un regard et le ballet continue.

En grec, phos, la lumière, et phèmi, je dis, ont une même racine. Racine pha : phos, lumière, feu, phèmi, je dis (je rends visible), phonè, voix. Et toute proche, la racine phu : phuo, je fais naître, phusis, nature, phos, être humain.

Voici le cercle vertueux : un cercle ouvert, le cercle de Dieu.

Quand, dans « un grand saisissement », comme elle le dit, après avoir entendu un souffle de vent, la petite Bernadette vit dans la chambre noire de la grotte une lumière qui se révèlerait être l'Immaculée Conception, elle fit l'expérience de l'extase, une sortie de soi qui est à la fois mort du « vieil homme » en soi et résurrection dans la lumière. En quelque sorte Dieu l'a photo graphiée, ré-écrite en lumière : voilà la deuxième naissance, telle que Jésus l'indique à Nicodème. (Et la vision de Bernadette se répandit grâce aux photos d'elle qui circulèrent, la photographie venant d'être inventée).

Aujourd'hui on n'a toujours pas compris le sens des paroles de l'Apparition, qui déclara à la voyante : « Je suis l'Immaculée Conception ». Ce matin encore je reçois un courriel d'information du site croire.com disant que Bernadette a dit au curé qu'elle avait vu « la Vierge Immaculée ». Mais ce n'est pas cela. L'Apparition a dit « Je suis l'Immaculée Conception » parce qu'elle était le moment où Dieu nous prend en quelque sorte en photo, c'est-à-dire en lumière, c'est-à-dire, après la glaise, nous recrée à son image, de lumière-parole-vie ressuscitée.

Ce matin, en me réveillant, j'ai eu une vision de mes photos sous forme de vêtement que je portais. C'était juste une façon de me rappeler le vêtement de lumière que nous devons revêtir au jour venu.

Je crois en la lumière : elle est, non pas seulement symboliquement, mais réellement, vivante, pensante, actante.

photo de la baleine face aux montagnes enneigées du glacier de Mendenhall, en Alaska : John Hyde/Alaska Stock LLC/Sunset.fr, ici sur le site du Figaro


08.12.2009

vive en la vie

Le feu, l'eau.
Le ciel, la terre.
Les mains de Dieu me tiennent.
Je suis sa voie.
Incomprise, encore non prise.
Mes faits et gestes, chorégraphie secrète
De mon obéissance.
Pas, bonds, écarts, coups d'arrêt, chutes, courses !
Je suis sa bouche qu'il me baise et fait ce qu'il me dit.
Je vais où il m'envoie, poussière d'étoile dans le temps,
Au creux des hommes injecter son amour.
Parfois je tremble de sa colère en moi
Contre les viles puissances qui s'en prennent au pauvre,
Lui, le Très-Haut de mon coeur !
Pauvre je l'aime, pauvre je suis, pleine de grâce.
Parfois je tremble de sa joie,
Parfois je meurs toute vivante,
Revenant vive en lui,
Vivant la vie de sa lumière.


06.12.2009

Crie la lumière, soi


Une minuscule métisse de deux ans remonte la travée en trottinant, dans son manteau rose. Un garçon de six ans la suit, appliqué à poser ses pieds, pas après pas, entre les lignes des carreaux du sol. Sur leur passage, un sourire s'allume dans tous les visages. Avec quelques autres enfants, ils viennent d'apporter les lumières, bougies rouges, et les hosties, à l'autel. En quelque sorte, de crier dans le désert, c'est-à-dire de briller par leur présence, au sein de cette humble église environnée du grand spectacle criard du monde et de ses faux maîtres (cf dernière lecture du jour). Car ce sont eux, ces petits, qui sont la raison, la vie, et la raison de la vie.

Quand les prêtres ont tendu leurs mains au-dessus du pain à consacrer, j'ai pensé : imposition de la lumière. « Cette lumière qui attaque les corps et les révèle », lit-on dans ce bref et excellent texte sur Le Caravage.


לֶךְ־לְך

« Va vers toi », « fais de ta vie une marche vers la lumière », conclut ici cette étude kabbalistique de l'ordre donné par Dieu à Abraham. Le vrai soi, c'est la lumière.

Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος, καὶ ὁ Λόγος ἦν πρὸς τὸν Θεόν, καὶ Θεὸς ἦν ὁ Λόγος.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu », annonce saint Jean.

Archè signifie le commencement, mais aussi le commandement. De même qu'au début de la Genèse, èn archè, Dieu dit « que la lumière soit », et la lumière fut.
Logos signifie le Verbe, la Parole, et aussi la Raison.
Pros suivi de l'accusatif signifie auprès de, mais aussi vers, devant, en présence de.
Le verbe qui initie et commande (agit, crée), est auprès de Dieu, est tourné vers Dieu, se tient devant Dieu, est présent face à Dieu. Toute vraie parole vient de la source directe, Dieu, et se tient face à lui.

Par la Parole tout est engendré, egeneto, dit Jean, et sans elle rien ne fut.
La Parole est enceinte, et ce qu'elle engendre, c'est la vie-lumière. En la Parole était la vie, dit Jean, et la vie était la lumière des hommes.

La lumière était dans les ténèbres, ajoute-t-il, et les ténèbres ne l'ont pas saisie. Il emploie le verbe katalambano, qui signifie saisir, s'emparer de, et aussi maîtriser, et aussi comprendre. Les ténèbres ne peuvent ni s'emparer de la lumière, ni la maîtriser, ni la comprendre. « Le monde ne l'a pas reconnu », dit Jean, quelques versets plus loin.

La parole-vie-lumière des hommes est entourée des ténèbres des discours faussés, mais elle est indemne. Et il est toujours possible à l'homme de franchir les ténèbres pour aller vers elle, de se laisser tomber (de s'abandonner) devant elle, de se coucher sous son ombre, et de gagner sa naissance de Dieu, l'immaculée conception de qui accueille pleinement la Parole.

Accueillir le Verbe, naître de Dieu, aller vers la Lumière : même mouvement trinitaire.

C'est pourquoi Jean l'Évangéliste poursuit en évoquant Jean le Baptiste, celui qui vint « pour rendre témoignage à la lumière », celui qui crie dans le désert et vous annonce, aujourd'hui même, toujours.


03.12.2009

Chaque fois

 

J'ai fait l'amour avec le Christ,
Chaque fois.
Ô mes amours, mes hommes, un par un,
Tout entiers uniques en moi,
Quand bat en votre torse,
Tout contre mon oreille, mes dents,
Le cœur du Fils de Dieu !
Je fais l'amour avec le Christ,
Chaque instant que l'homme, déshabillé,
Enfin nu devant la face,
M'enlace de ses bras, laissant
Dans son geste d'amour tomber de lui
La honte et le péché. Et je sais
Qu'il n'est rien d'autre à vivre,
Rien de plus beau que ce moment.
Ô pure lumière de chair,
Ton odeur, galvanisée dans mes circuits !
Langues, sexes, muscles, mains, éveil !
Membres et doigts pour le sommeil entrecroisé
Qui suit, guide jusqu'au matin nouveau.
Brûlante glaise, humble plus qu'infiniment
Et triomphante, je suis l'amour
Avec le Christ en toi, seul homme.


01.12.2009

Libérer


Ce lundi soir, dîné avec mes trois derniers fils. Étant donné l'athéisme résolu de mes parents, ils sont étonnés d'apprendre que j'ai été baptisée quand j'étais bébé. « C'est parce que tu as crié « Dieu !» dès ta naissance, dit Syd, ils ont compris qu'il fallait le faire. »
Je suis tout à fait sûre que mon corps s'en souvient.

Si les gens connaissaient Dieu, ils l'aimeraient tous. Pour le connaître il faut se laver toujours les yeux, c'est ça le baptême. Afin de pouvoir voir à travers. À travers nous-même, à travers autrui. Dieu vient nous toucher en traversant les autres, en les passant comme le mur du son. Ça fait plein de vibrations, c'est pourquoi je me réveille cette nuit. Nous sommes les uns pour les autres la voie de passage de Dieu vers chacun. Nous sommes en quelque sorte ses conducteurs électriques, nous et toute sa création, il se déplace à travers selon ses propres voies, ses propres vues, parfois zébrées comme l'éclair, et ce n'est pas du tout nous qui commandons cela, même si parfois on se l'imagine - ni nous-même, ni quiconque à part Dieu.

C'est mystique mais c'est aussi mathématique, ce que je dis là, c'est cosmique. Dieu se déplace à travers nous comme Jésus marche à travers le pays. Ceux qui ne le sentent pas restent fascinés par ils ne savent quoi, tout à la fois immobilisés et agités, comme des jouets mécaniques qui piétineraient dans une boîte étroite, sans parvenir à en sortir, répétant toujours les mêmes gestes absurdes. Cela finit par créer un grand désastre historique, et on peut s'attendre à ce qu'il en vienne un terrible, si le monde ne sort pas de sa boîte.

Ceux qui le sentent se mettent en marche, et leur marche ouvre la boîte, et leur marche libère le passage de Dieu d'homme à homme, libère les hommes.


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