01.07.2009

Le jugement du temps

DSC06516.JPGAujourd’hui je tourne mon calendrier (cliquer).
Aujourd’hui les lectures tournent la page.
Cette nuit j’ai contemplé la Grande Ourse, et la Polaire, seule étoile fixe du ciel, autour de qui il tourne, juste face à ma fenêtre, exactement comme, demain, je les contemplerai, juste face à la porte de ma grange.
Aujourd’hui je rends grâce, encore, jusqu’à la fin des temps, et bien après.

30.06.2009

"des moments d'amour pur"

«Longtemps, j'ai pensé que le rôle de l'artiste était de secouer le public. Aujourd'hui, je veux lui offrir sur scène ce que le monde, devenu trop dur, ne lui donne plus : des moments d'amour pur.» Pina Bausch

Sagesse pour la route

Que ferais-je de la sagesse, si je n’ai pas la joie ?
Comment aurais-je la joie, si je n’ai pas l’amour ?
Comment ne connaîtrais-je la croix, si je vis l’amour ?
Comment donnerais-je la vie, si je ne suis l’amour ?
Comment ne serions-nous sages à la folie,
Si nous sommes chaque jour plus que vivants,
Donnants, accueillants, inventants,
Travailleurs pleins de coeur et de chants
Au grand chantier de la route que creuse,
Que trace, qu’élance Dieu à travers
Ce nouveau continent, l’homme ?

Ô Coeur

Mon Coeur d’amour en joie,
Merci pour la grâce de vivre,
Merci pour la Présence
Renouvelée, bienheureuse,
Merci pour la voie qui s’ouvre
À l’infini dans la pure lumière,
Merci pour la chair du monde
À tout instant transfigurée,
Merci pour les courants du fleuve Paradis
Qui tourne et fait des boucles autour de nous,
Ô Coeur du Christ,
Notre abri au jardin, de frais feuillages,
Aux doux parfums, tente d’amour
Légère et translucide, berceau
Pour nos âmes naissantes, que tu as si longtemps tenues
Prêtes à vivre.

Petite danse de la pure joie

je joue avec mes doigts de pieds,
je joue avec mes doigts de mains,
je joue.
le voile bleu danse à ma fenêtre ouverte.
couchée je joue avec mes plantes de pieds
grimpantes contre le mur, je joue.
je joue les pieds en l’air,
ma robe se soulève, la brise touche
ma peau.
je joue avec mes hanches, à faire des huit,
je joue avec mes mains, à faire des ailes,
le voile bleu joue avec la brise, j’écoute
l’oiseau.
je joue avec mes cils, je joue avec mes yeux,
qui jouent des tours aux formes et aux couleurs,
je joue avec mes muscles, je joue avec ma tête,
la lumière vient jouer avec moi,
je suis poussière d’étoile, qui fait jaillir des oh !
en filant dans le ciel,
je joue, je suis
toutes les voyelles pour dire dans toutes les langues
la pure joie.

Merci

Et moi je suis heureuse et je veux te dire

Merci, Dieu, tendrement, merci,

Merci pour ta tendresse, ta présence et ta fidélité,

Tes discrètes prévenances, ton soutien constant

Sur le chemin difficile où j’essaie de te suivre,

De t’obéir, moi, pauvre créature volontiers paresseuse

À qui pourtant tu parles, de très près, tout le temps,

Et si précisément que je voudrais, parfois,

Ne plus avoir à revenir dans le monde très borgne,

Trop tiède et embrouillé des hommes.

Mais tu me donnes juste assez

De bonheur parmi eux pour y rester aussi

Et faire de mon mieux ce que tu me demandes.

Merci mon Bien-Aimé, Dieu Tout-Puissant,

Tout-Petit, Tout-Présent, Tout-Partout

Merci mon Adoré, de me montrer nuit et jour

Ta Beauté, d’être en moi, avec moi et par moi

Ton Coeur révélé, de pleine humanité,

Merci de me garder dans l’amour de mes frères humains

Et de ta Création entière, que tu nous donnes

De pouvoir contempler, épouser et chérir

Tout au long de ce chemin sans fin que tu nous fais,

Que tu déroules sous chacun de nos pas,

Comme si nous le méritions, mon Amour !

Je suis à Toi, prends-nous tous à travers moi,

Que nous soyons heureux, Toi et nous,

Tous les coeurs purs du monde, qui Te voient et qui T’aiment,

Et que ceux qui ne Te voient pas Te voient,

Que ceux qui sont dans la peine soient consolés,

Que ceux qui sont dans le mal soient guéris,

Car vois, Seigneur, par amour de toi, je veux bien

Les prendre tous en moi, avec moi, pour toi,

Offrande de pur amour !

Car je t’aime, Dieu, tu es vrai, tu es vivant,

Tu es absolument fragile et immortel,

Grandissime et plein d’humour,

Toi qui as inventé cet être qui se tient sur deux pieds,

Deux pauvres pieds qui ont fait sa grandeur,

Deux humbles pieds pour l’arpenteur, le plus grand

Au moment où il daigne humblement les prêter aux baisers,

Mon Amour, toi qui me laisses t’embrasser !

Merci, Dieu, tendrement, merci,

De ta petite créature en joie et dévouée.

Dans ses mains

Je suis dans tes mains, Seigneur,
Je n’en tomberai pas.
J’aime me réveiller, partir à l’aube
À travers la forêt rejoindre le désert,
Les sentiers escarpés qui mènent au sommet
Où je me rends.

Je suis dans tes mains, Seigneur,
Rien ne me fait peur.
Je ne crains pas les bêtes des bois,
Elles frémissent et chantent, au passage
De ta joie qui monte sur les chemins étroits
De notre amour.

Nous sommes dans tes mains, Seigneur,
L’homme et moi, et tous nos frères
Levés tôt, et voyant sur les crêtes
La lumière apparaître, et sentant sous leurs pieds
La roche dure, et buvant l’eau très pure à ton côté,
Plus haute source !

29.06.2009

Rendre le livre en mains propres à qui je suis liée au-delà de la loi

L’année Saint Paul prend fin aujourd’hui. C’est important, très. Maintenant il faut entrer dans le millénaire Saint Paul, accomplir Saint Paul, par-delà lui.

Voici des passages du chapitre XIII, consacré à saint Paul, de ce livre de Paul Beauchamp qui est ma plus précieuse lecture de l’année - avec celui du pape sur Bonaventure -, D’une montagne à l’autre, La Loi de Dieu.

Le temps ainsi vécu tous les jours selon le Discours sur la montagne n’est pas un sabbat aboli mais un sabbat accompli, soit le germe semé pour toujours d’un super-sabbat. Ce qui est ainsi proposé au nom du Créateur de l’histoire, nous en lisons autour de nous le désir pressant, dans nos frères humains habités par l’appel à vivre enfin. À vivre le jour où la terre sera le corps de l’homme, aimée par lui comme il aime sa propre chair.
(…)
Cette heure historique de la libération est annoncée avec ce que saint Paul appelle « mon Évangile » (Ga 2,6). Le même saint Paul, comme voyant se rétrécir le temps de la patience de Dieu, son délai, annonçait simultanément la révélation de « la colère de Dieu ». L’épître aux Romains se tient tendue entre deux pôles : exultation devant la liberté offerte et effroi devant les gouffres de l’histoire humaine.
(…)
Paul d’ailleurs sait distinguer dans la doctrine, y compris celle qu’il enseigne, entre nourriture lactée et viandes solides (1Co 3,1s). Plus que jamais, il s’engage ici dans un chemin escarpé et sur des arêtes qu’il sait périlleuses.
(…)
Au lieu d’être tutelle provisoire d’une liberté mal assurée, la loi prend l’aspect d’un frein impuissant mis à une force indomptable, avec l’effet de causer l’exaspération de cette force jusqu’à ce qu’elle déchaîne un jour en totalité son pouvoir de mort, augmenté par la résistance qu’elle a rencontré.
(…)
La loi rend le péché connaissable et assume le risque, voire la certitude, de l’aggraver, en échange de la possibilité de le suivre à la trace, de lui donner une histoire et donc un terme assigné, attendant ce terme pour l’abattre, faute de quoi il renaîtrait sans cesse.
(…)
Quelle vérité y aurait-il à un combat dont les protagonistes ne se toucheraient pas ? Liberté et destin s’approchent en Jésus jusqu’à l’étreinte du combat.
La loi, lisons-nous, « fut ajoutée », « est intervenue », à titre de réplique au péché, position faible qui pour un temps « renforce » ce qu’elle combat. La loi renforce le péché dans la mesure où le péché se sert d’elle comme tremplin (Rm 7,11). De même le péché se sert de la vérité puisuq’il la « tient captive » (Rm 1 ,18). Cela ne veut pas dire que le péché occuperait la place de l’origine : elle est imprenable. Seule à être unique et première vient la source gracieuse du bien, première à jamais.

Dans trois jours, retour à la source, dans mes montagnes. Jean-Paul, un ami de là-haut dont la grange familiale se trouve en face de la mienne, sur l’autre versant, disait souvent, quand il passait chez moi, qu’il faudrait tendre un câble entre nos deux montagnes, pour se transporter de l’une à l’autre. Il a bien fait de le dire, et même de songer à comment cela pourrait se réaliser, concrètement. Car en attendant, le lien existe en pensée, d’une montagne à l’autre, chaque fois que nous regardons. Et c’est en le regardant, invisible, que nous le trouverons.

Inventer la vie

Voilà neuf mois que je suis célibataire. J’aimais O, nous vivions ensemble depuis dix-huit ans, et nous sommes restés profondément liés, même au moment de la séparation. Avant cela, depuis mes dix-huit ans, j’avais presque toujours vécu avec un homme (je me suis même mariée une fois, à la mairie seulement, en pantalon et chemisier blancs). Et toujours avec beaucoup de bonheur. Pourtant, ce désir de célibat, il était ancré depuis si longtemps en moi. Il ne s’est pas réalisé sans arrachement, mais il s’est réalisé. Il le fallait. Pour Dieu, mon seul époux.
Cela ne veut pas dire que Dieu veut nous empêcher d’aimer les hommes ou les femmes. Je sais cela, et d’autres choses. Mais ce que cela veut dire pleinement, il me reste maintenant à l’inventer.

Orienter

Je sens que je me transforme, même dans ma chair je le sens, dans mes poumons.
Cette nuit, rêvé que je donnais un long cours de danse orientale.
Mais en me réveillant, ce à quoi je songeais, une nouvelle fois, c’était à être prêtre. Bien sûr c’est impossible, pour l’instant du moins, mais y songer m’aide à orienter ma transformation.

28.06.2009

La condition déshumaine

Les porcs se roulent dans la fange
Sans la savoir fange, ni se savoir porcs.
De même les hommes dans le marigot
Des affaires, du pouvoir, de la gloriole,
Ignorent qu’ils se vautrent dans leur moi,
Qui n’est plus d’homme mais de singe.
Ô rude, ô malheureuse condition
Simiesque ! Certains se doutent
De quelque chose, et se harcèlent eux-mêmes,
Misère, à chercher ce qu’ils ne savent pas
Qu’ils ont perdu, qu’ils ont vendu : leur âme.

Genèse

Ce livre, Marie Madeleine, est en train de devenir tout autre qu’il ne s’est présenté en son premier jet, ici présent. Je pense à la Genèse. Au commencement Dieu crée le ciel et la terre, et son souffle agite la surface des eaux. Le Père, le Fils (engendré, non créé, engendré du fait même de l’existence du Créateur, qui implique un Médiataire, qu’on l’appelle Vision, Lumière ou Verbe) et le Saint-Esprit (le souffle) sont là. Et maintenant la Création peut être déployée.

Ainsi aussi le texte peut se déployer à partir de son principe, du moment que s’y trouve l’essentiel, la source, la circulation ouverte, le rapport fécond, dans son désir irrépressible d’arriver à sa fin, son accomplissement, sa plénitude.

L’histoire continue, pour chacun et pour tous, dans le temps de Dieu et dans celui des hommes.

Un vrai livre, un livre réellement vivant, n’est pas une œuvre créée, si grand soit son auteur, mais un livre engendré. Ce pour quoi il demande la chair et le sang, la joie, la patience et les souffrances, la vie tout entière (dès sa conception et avant elle), de qui le porte, de qui l’est à mesure qu’il vient.

...

C’est venu. Et ça va continuer. Heureuse, heureuse.

27.06.2009

En crue

Ce qui est bon, quand on écrit, c’est d’entrer en crue. J’en suis où je sens qu’elle vient.

Michael Jackson, incarnation de la nature saccagée

Michael Jackson - Earth song

envoyé par jalobservateur. -

Des plaisantins, de leurs fantasmes et de leurs démangeaisons

Ces "philosophes" pour plateaux de télé s'excitent dès qu'ils entendent dire "amoureux de Dieu". Coincés dans le visible, ils frappent de leurs petits poings contre la vitre et se grattent la peau, furieux de ne pouvoir atteindre l'invisible, eux aussi !

Et les voilà partis en délire, l'un voyant dans le pape Satan, l'autre fantasmant comme clandestine une vidéo très évidemment tournée avec caméra et pied, et faisant ainsi la promotion de ce type puissant dont il se voudrait l'adversaire, et dont il essaie de se faire remarquer en agrippant ce qui se trouve à sa hauteur, le bas de son pantalon : Onfray, c'est ici, et BHL, .

26.06.2009

Des anges et des hommes

Ce matin deux anges m’ont rendu visite.
Faites attention aux étrangers qui se présentent
À votre porte : peut-être sont-ils des anges !
Eux ne le savaient pas : faites attention aussi
Quand vous vous présentez à la porte d’autrui :
Peut-être êtes-vous, sans le savoir, un ange pour lui !
Ô merveilleux anges, de passage toujours,
Par si infimes déchirures du temps,
Venus annoncer on ne sait quoi d’abord !
Quoi de plus beau que la mission d’un ange ?
La mission d’un ange qui se change, pour l’autre,
En homme ou en femme de chair et de sang,
Avec des jambes pour accompagner
La réalisation de l’annonce mystérieuse,
Des mains à tendre et à tenir, et des yeux
Qui disent la vérité mieux que la bouche encore !

Le bonheur est dans le pré

Dans vingt minutes mes visiteurs seront là. Je suis prête, j'ai rangé ma table, disposé le petit bouquet de roses multicolores, par la fenêtre ouverte entre le bon air frais, que la pluie a lavé, le chant des merles, des moineaux, le roucoulement des pigeons, leurs bruits d'ailes.

À tout à l'heure.

En attendant, ce blog à lire : Jean Mouttapa

Et cet été à Avignon, le combat continue, rude mais c'est le combat... "Par ces temps difficiles, où l’on pourrait facilement devenir moroses, un des antidotes est sans doute le spectacle vivant ; pas pour s’endormir mais au contraire pour réveiller nos consciences, notre imaginaire, notre capacité à réagir… Toutes les pièces sont écrites par des auteurs d’aujourd’hui qui nous donnent leur perception du monde, ce monde que nous partageons avec eux mais que nous sommes surpris de voir sous des angles que nous n’avions pas imaginés.
Toute l’équipe du Ring espère cette année encore vous émouvoir, vous faire rire, vous séduire, vous bousculer un peu peut-être, vous faire pleurer, vous étonner…
Les auteurs joués au RING pendant le Festival 2009 : Marie-Laure Boggio, Bernard Da Costa, Michel Fontaine, Mariane Oestreicher-Jourdain, Dominique Paquet, Alina Reyes, Laurent Searle."