09.02.2010
...
Je pars quelque temps... mais repasserai de temps en temps. À bientôt !
00:19 Lien permanent | Envoyer cette note
08.02.2010
C'est bon de rire
Grand ménage de printemps en ce moment sur Bibliobs. Après l'article de Pierre Jourde démontant une fabrication éditoriale aux très gros rouages, nommée Haenel, voici Aude Lancelin qui révèle que dans son dernier opus le grave BHL (quelqu'un l'a-t-il déjà vu rire, d'un bon rire ?) a pris pour argent comptant le canular "Jean-Baptiste Botul" (dont je lus naguère le très drôle Nietzsche et le démon de midi). Ou bien il est vraiment très malvoyant (mais on a souvent mieux vu que lui le monde sans faire autant de déplacements), ou bien quelqu'un de ses employés est facétieux, je ne sais pas, mais je ris de bon coeur.
13:28 Publié dans Faux prophètes, Revue de toile | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Enfants
Enfant je grimpais à la corde
Plus vite que tout le pays.
Sauvageons en petite horde
Courant tout le jour ébahis
Par notre vie de long en large
Et du sol en hauteur, en plein
Milieu de l'être et dans ses marges.
À travers les forêts, au sein
Du bruit de l'océan, des vagues,
De ruelle en ruelle, perçant
La mort de cris, rires et dagues,
Nos épées de bois dispersant
Les superbes comme en la Bible
Fait Dieu. Et nous n'en savions rien.
Car Dieu était chez nous passible
De moqueries et de mépris, chien
Qu'il était de donner vie chienne
À ceux qui s'escriment au bien
Et ne récoltent que des peines.
Or, à l'arbre le plus ancien,
Corps à branches, vers la lumière
Nous montions, sentant se lever
En nos cœurs le radieux mystère
De l'Invisible, qui rêvait.
09:55 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
07.02.2010
Apostrophe (2)
Moi je vais vous dire à la neige
Je file et je verrai chacun
De vous dans un flocon j'allège
Votre carne des mers l'embrun
Pour moi vous êtes qui m'arrose
La face à la face de qui
Se lève au matin dans la rose
Nuée de la montagne qui
Se couche au bout de sa tournée
Payée dans l'eau mon sang exquis
Grand poisson rouge à l'écrasée
De l'astre moi mon cœur acquis
À vous la chaude confiture
De mon vivant au pauvre temps
Présent à toi Dieu mon armure
Mon inventure mon sextant
Je vais aller dire à la neige
La beauté des hommes mon corps
Livré à l'amour qui m'assiège
Vers toi je les monte à mon bord
Tempête longue blanche douce
Coiffant les cheveux des forêts
Bébés je vous porte en ma gousse
Nous voyageons jusqu'à l'arrêt
Du bus qui n'a pas d'existence
Pérégrinons dans l'I love you
La foi la nouvelle partance
Milliers flocons milliers voyous
Vierge une milliers d'étoiles
À sa couronne de fraîcheur
Pétillant au fourneau du poêle
Ma parole donnée par cœur.
23:23 Publié dans Apostrophes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
06.02.2010
Chanson du retournement
Tu es une mine, lui dit l'homme.
Elle fut exploitée, ravagée.
Jusqu'au point que nul être ne nomme.
Tremblements de la terre excavée.
Avides les fourmis s'agitaient
Sur sa vie, sa parole précieuses.
Frénésie ! Leurs sales mains fouillaient
Au pillage, aux soldes très honteuses.
Cacophonies et rengorgements.
Pitres d'humains, bave aux commissures
De leurs organes en soulagement,
Se régalant de leurs vomissures.
Que devient l'homme quand il se perd ?
Quand il n'est plus un vrai bien qu'il veuille ?
Platées de mensonges, il s'en ressert
En groupe, que ce marais l'accueille.
Ainsi le peuple le soutient-il.
Il l'a mauvaise, son inconscience.
Partout dans la cité, noirs terrils,
Faux prophètes de sa fausse science.
Un souffle passe.
Les yeux fermés,
La vie s'efface.
Reste à aimer.
Grâce ! Sur toi, inépuisable
Source, vient murmurer l'Esprit.
Le ciel est à jamais épris
De toi et il te garde aimable.
Vendanges de l'amour, la belle
Saison ! Le rouge monte aux joues
Des siècles des siècles, je voue
Le temps qui s'annonce à l'airelle
Et à la vigne redondante.
Cueille la grappe ! Le beau jour
Te cueillera, dans ses atours
De pâtre à la flûte chantante.
Dans les prairies célestes, abondent
Les nappes étendues, portant
Les vins et les mets succulents.
Très loin dans leurs forêts profondes
S'ouvrent, bien rondes, les clairières
Où se prépare le berceau
De notre volonté dernière.
Frères, notre ultime vaisseau.
22:53 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
Enlever le voile
Qu'il le sache ou non, la thèse d'une complicité entre Hitler et Roosevelt, exposée dans son dernier livre, est un aveu d'Haenel sur sa complicité avec Sollers, dans le pillage de mon œuvre, la grande déportation de mes mots dans son livre précédent, Cercle. (Et les yeux fermés de leurs "alliés", "que des menteurs et des complices", comme il le dit).
« Une fois seul et concentré dans la nuit, ce qui tracera des flammes, c'est votre autre main. Pas la droite, pas la gauche, pas non plus une troisième : l'autre main, celle qui est son propre événement. Une telle main n'est occupée que d'elle-même, comme un saint, un léopard, un diamant. C'est elle qui rouvrira pour vous les dérives. » écrit-il.
Cette autre main, celle qui est « son propre événement », c'est la mienne qui écrit. Les paroles de feu qu'il a pillées pour en truffer son texte gris. La poésie qui s'y trouve, elle vient de moi, même si elle a été considérablement abîmée dans le transport.
image trouvée ici
bien vu, la pitrerie finale, dans Les Bienveillantes
11:14 Publié dans ARt de lire, Au fil des jours, Faux prophètes, Forêt profonde, pitreries | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
05.02.2010
Chanson à boire
Je suis l'heureuse, la bienheureuse,
Toutes mes étoiles dans l'autel
Vivent, petites abeilles à ciel
Blanc qui butinent mes très soyeuses
Fleurs, des champs, des forêts, des prairies
De mes terres et de tout mon cosmos,
Qui me font des baisers jusqu'à l'os,
Surchauffant comme mille aciéries.
Suis-je glorieuse, royale, sainte,
Ou ahurie ? Oh, le grand bonheur
De la vie reçue au chant d'honneur !
Poussière d'or, ma couronne tinte
Contre la voûte du monde, tête
En l'air quand je monte, sans arrêt,
Jusqu'au dernier étage, et après,
Continue, dans l'amour qui me tète.
Dieu, mon Dieu, quelle béatitude !
Vois comme j'aime tous tes enfants !
Comme d'un murmure à l'olifant
Je les appelle où tu les dénudes,
À l'assaut de nos humaines ruines,
De nos coinceries viles, en avant,
Toute ! Que nous emporte le vent,
Et buvons sous ta petite bruine.
23:23 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
La vérité nue, devant le monde aveugle
O me dit qu'il emporte avec lui Souviens-toi de vivre à Londres, bien qu'il l'ait déjà lu. L'un de mes fils aînés s'inquiète de voir que ce livre porte encore la trace de la longue entreprise de destruction que j'ai subie, par volonté d'occulter et tuer ma parole.
Lui aussi nous montre ce que l'homme fait à l'homme. Son corps exposé, sa plaie ouverte même après sa résurrection, pour que nous ouvrions les yeux. Se désaveugler, encore et toujours, seule voie pour le salut du monde.
J'ai trouvé la peinture de Sergio Birga ici.
13:30 Publié dans Forêt profonde, pitreries, Souviens-toi de vivre. Marie Madeleine | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme, littérature
Déchirer le voile
La terre tremble, les tombeaux s'ouvrent.
Du cœur de l'homme sortent les morts.
L'eau et le sang ont coulé du corps
D'amour. Les ténèbres tombent, couvrent
Les heures du jour très long, blessées.
Tonnerre sans pluie, ébranlement
De l'univers, horrible moment
De la mort dans l'âme rabaissée.
Froid. Les pierres, muettes, se fendent.
Au pied de la croix de vérité,
Témoins et proches tétanisés.
Que du ciel le jugement descende !
Le ciel se tait, leur reste invisible.
Parmi les hommes, combien ont ri
Devant la douleur de l'homme pris
Au piège des hommes ! Indicible.
Ils jaillissent de la mort du monde,
Les morts, ceux qui sont saints, seuls vivants
Dans la ville suicidée, errant.
Parlent-ils ? Personne qui réponde.
Personne, sinon, au sanctuaire,
Cela qui vient au jour, déchirer
Le voile et exposer, nu, le vrai.
Commencement de la nouvelle ère.
00:30 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme, littérature
04.02.2010
"en jeu la littérature"
"Mais alors, que reste-t-il du livre sans la vérité ? Et bien il reste la simple dénonciation, assénée sans base narrative crédible, d’une prétendue complicité entre Hitler et Roosevelt. On en mesurera la nouveauté en se souvenant que c’était déjà là l’argument de Staline pendant le pacte germano-soviétique, et celui, bien sûr, des nostalgiques de la collaboration après guerre. Est-on encore dans la littérature ou dans la négation de l’Histoire ?
A moins que l’on ne soit dans la négation de la littérature ?"
Marc Weitzmann, à lire en entier ici sur Libération
"L'absolu littéraire réduit au kitsch, au pompeux, au lyrisme adolescent. Tantôt on jurerait une parodie d'hymne scout par les Inconnus, tantôt on se croirait dans un livre de Villepin. De temps en temps, ça pourrait être les paroles d'une chanson de Gold. Haenel fait semblant. Ses textes sont fabriqués tout comme son personnage est fabriqué. Après avoir publié des pages pleines d'enthousiasme lyrique sur le génie de Philippe Sollers, il s'est retrouvé comme par hasard publié dans la collection « L'Infini », puis, comme par hasard, indéfectiblement soutenu par le Monde des livres, avant, comme par hasard, de recevoir le prix Décembre, parrainé par Pierre Bergé, ami de Philippe Sollers et de l'ex-directrice du Monde des livres. Diamants de joie, feu du vent. Comment vendre comme de l'absolu du réseau pur jus, première pression. Et qu'on ne ressorte pas l'éternel cliché de la « querelle germanopratine». Toutes les querelles ne sont pas germanopratines. L'affaire ne serait en soi ni très grave ni très originale, si elle ne mettait pas en jeu la littérature, ce qu'elle peut, son rapport à la vérité, la capacité contemporaine à juger d'un style et d'une œuvre. Si la tromperie nommée Haenel n'était pas aussi énorme, et si elle n'utilisait pas la figure héroïque de Karski. Il y a des obscénités qui finissent par révolter."
long et fin article de Pierre Jourde, à lire en entier ici sur Bibliobs
"Parce qu'il y a une bataille pour la vérité. Parce que le mensonge, comme le diable selon Baudelaire, a maints tours dans son sac, à commencer par celui de faire croire qu'il n'existe pas et qu'il est un autre visage du vrai. D'où méfiance. Ruses. Corps à corps sans merci. Guerre de papier, mais guerre quand même."
Bernard-Henri Lévy, interview à lire en entier ici sur l'Express
13:52 Publié dans Faux prophètes, Revue de presse | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Déchirer le voile
La Renaissance est derrière nous. Nous avons à la garder vivante dans son meilleur, pas à chercher à la répéter. Ce que le monde attend maintenant, c'est la Résurrection.
Ce que pressent le parti d'Olivier Besancenot en présentant une candidate voilée. Car une femme voilée est un signe d'enterrement (et je suis pour l'interdiction de la burqa, mais pas pour celle du voile).
Bien sûr ces trotskystes se trompent. Ils veulent enterrer le vieux monde. Ils pressentent que ce vœu est politique, et plus que ça, spirituel. Mais ils ne pourront pas dépasser la mort avec leurs stratégies, conscientes ou inconscientes.
Ressusciter demande l'abandon de l'homme, de chaque homme, à la vérité, l'amour, l'humilité. Le renoncement au mensonge sous toutes ses formes. Ce n'est pas rien. Un retournement complet, plus révolutionnaire que tous les révolutionnaires. Du brouillard de pollution à la lumière du ciel.
11:28 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme, politique
Chanson de la balladine
Ils courent, mes doigts, sur les touches
Blanches et noires des mots, des notes
De l'esprit piano qui s'abouche
Avec mon souffle, entre mes côtes.
L'homme dans la fureur du monde
Cherche une adresse douce, bonne,
Maison de parole féconde
Qui rende heureux quand elle sonne.
Et si ma musique s'emporte
C'est de passion avec la salle
Venue partager l'heure forte
Donnée par l'enfant de la balle.
Aussi mes rimes féminines
Ce jour vous demandent la grâce
De comprendre la balladine
Qui vous écrit de place en place,
N'ayant que sa langue pour tente,
Venue de notre humaine enfance
Présenter la vie tendre, ardente,
De la toute nouvelle alliance.
09:36 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
Dans les siècles des siècles
Ma poésie est sans doute trop lisible, trop vivante, trop parlante, énergique, musicale, virtuose, sensée, cordiale, enthousiaste, mystique, directe, pour les tenants de la poésie des dernières décennies.
Normal : je n'écris pas pour me mordre la queue, mais pour les temps qui viennent, et pour vous qui sentez l'heure.
09:16 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
03.02.2010
À l'heure de prier
J'ai craché du feu sur les paupières
Du monde que la glaise scellait,
Que le sceau du malsommeil plombait.
Nous mettrons le feu à la misère
Des hommes quand leurs yeux dessillés
Trouveront les chemins contemplés.
Venez, allons boire à la lumière
Des amours qui nous ont relevés,
Des regards que nous avons rêvés !
La flamme est allumée, la prière
Maintenant va rejoindre l'aimé
Dans le jour que la nuit a trouvé.
22:45 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme, littérature
L'arbre
Il est l'arbre et nous sommes sa terre.
Ses racines étirent dans le temps,
Dans nos chairs, le lien qui se resserre
Lentement entre l'être et l'étant.
Ô tout-puissant Vivant, notre père,
Sommes-nous, oui vraiment, le terreau
Qui te sert de mère nourricière ?
Chiffre neuf, compagnon du zéro.
C'est toi qui jettes dans la matière
Les eaux qui la fécondent, en l'obscur
Le feu qui ferait crier les pierres,
Aux grottes les signes de l'azur.
Dieu ! Grâce à ta frondaison entière,
Nous avons nos racines au ciel
Et bientôt, en assemblée plénière,
Nous rejoindrons ta vie, ô Réel.
21:57 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme, littérature
Chanson de la pucelle aux puceaux
Je dis toujours la vérité.
Si seulement j'étais bien crue !
Mais ils ne savent que douter,
Les hommes auxquels je donne nue
Ma langue. God ! Crue je le suis,
Estiment-ils. On fait la chose,
On ne la dit. Bienvenue, nuit,
Qui cèle de l'humain la cause,
Le procès, la résurrection !
Cachez ce sein dans l'invisible !
Mesdames et messieurs, pardon,
Je le fais en beauté lisible.
Ce que je pense, je le dis,
Ce que je fais aussi, et j'aime
Aimer qui j'aime, tout crédit
Payé sur terre et au ciel même.
Discrétion ! me dit-on, l'œil rond
Du pécheur empêcheur de dire
La vérité nue des corons
Et des châteaux de l'âme, cire
De feu qui appose le sceau
De Dieu sur la condition douce
Et dure de l'homme, puceau
Toujours face à la vie qui pousse.
21:22 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
Procès
Quelle écriture dans la chair
Crée un être vivant ? Le songe
Amoureux de deux êtres, clair
Procès sexuel qui allonge
Le temps par les générations ?
Et puis ? Comment se réenroule
La nouvelle phrase, l'action
En marche dans le sang qui coule
De source à reprise ? Passion.
Dieu sur l'échelle de la vie
Accomplit la décorruption
Progressive, longue, hardie,
Du matériau spirituel.
Jusqu'au déchirement du voile,
Il se dépouille du partiel
Brouillon de l'œuvre en cours. L'étoile
Du matin révèle la nuit
Passée aux hommes qui s'endorment
À l'heure de partir au puits
Chercher la vie qui se reforme.
Montée doucement dans le jour,
Elle prononce d'un silence
Le verdict lumineux d'amour :
L'être jouit dans la patience.
19:20 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme, littérature
Chanson des chiots
D'où vient la joie ? Les petits chiens,
Bondissant et jappant, s'amusent,
Tout comme l'homme, sur son chemin,
Sifflote, baguenaude, accuse
Réception de la vie, merci !
La joie est rapide à la course,
Revient en ballerine, rit
En ceux qui couchent à la Grande Ourse.
Eh, frères chiots, vous oubliez,
Dans votre jeu, votre gamelle !
De la nécessité déliés,
Légers, vous vous faites la belle !
Les hommes au banquet gravement
Pensent à se remplir la panse.
Sous la table les chiots, mangeant
Les miettes, accomplissent leur danse.
Allégresse, tapis volant
Des infimes réjouissances
Qui transportent amoureusement
Le cœur tout près de sa naissance !
17:56 Publié dans Chansons | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme




