14.05.2008
Paroles perdues dans la nuit et la pluie
23:29 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Orage
18:47 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Enfanter le Verbe
Elle enfanta comme un homme fort en proie au désir,
Elle endura conformément à la manifestation
Et acquit un grand pouvoir.
(Odes de Salomon)
15:38 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
4
Que se passe-t-il au cœur du ciel ? Où se trouve-t-il ? Au début du monde. Où se préparent les floraisons.
Y avait-il quelque chose avant le début ? La mort, la douleur, le désir.
Et avant encore, en arrière ? C’est aujourd’hui, avant le début. La nuit de Dieu, la nuit de l’homme, voilà où nous en sommes. Avant il n’y eut, serrées dans une petite boîte en fer, que des constellations de dinosaures.
Sur la fin de la nuit, le froid réveille l’homme et Dieu, à des années-ténèbres l’un de l’autre. Le froid mord, incite au rapprochement.
Bientôt, à belles dents, leur enfant va croquer une glace à la framboise en forme de tulipe.
09:09 Publié dans Suite | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
13.05.2008
3
Je me promène dans l’Univers. Ses courbes affolent l’horloge et la boussole, je m’amuse bien dans ses toboggans, ses trains fantômes et ses palais des glaces. Je joue, je me promène, je danse, je fais mille glissades dans sa musique, je ris, je pleure d’amour quand j’entends la voix de Dieu qui m’appelle par mon nom. Je viens ! Au passage, je fais des tours sur les manèges, crèche aux étoiles, bondis aux jardins suspendus des luxueuses galaxies. Les chemins sont variés, nous avons tout notre temps, Lui et moi. Parfois on dirait que notre chambre est tout entière ceinte de miroirs : en vérité, elle n’est pas si grande qu’il n’y paraît ! Toutes les belles du ciel s’y reflètent, pour notre seul plaisir. Puis je retourne sur terre, préparer le berceau.
20:10 Publié dans Suite | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Et en plus je me régale bien
17:10 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Paroles
La Dameuse a déjà été acheté par l'un de mes éditeurs allemands, qui va publier aussi L'exclue, dont les Mille et une nuits m'ont rendu les droits. Je suis très contente de parvenir à faire exister de tout petits textes, dépourvus de tout bavardage, échappant à la standardisation de la littérature et capables de toucher un grand nombre de lecteurs. Je sais que même si l'on ne saisit pas intellectuellement tout le sens d'un texte, on le saisit autrement, par la sensation, et c'est l'essentiel.
L'éditeur à qui j'ai donné le manuscrit dont j'ai parlé ici, du 21 au 25 avril derniers, m'écrit qu'il est "très très beau, très audacieux". Oui, parce qu'il vient de Dieu, et y remonte. Pour les questions de publication, nous nous voyons bientôt.
Je continue à songer au film que je veux faire, très spécial. Et à mon grand poème. Le ciel est bleu, il nous embrasse.
11:24 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Petite prière du matin
09:06 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
Eden
08:41 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
12.05.2008
Prière blanche
Ce matin en me levant, voyant jaillir du lit dans le miroir mes formes arrondies, j’ai saisi l’appareil sur la table à côté de moi et j’ai pris quatre photos de mon reflet. Cette nuit j’ai rêvé que je croisais Yannick Haenel, c’était au grand air près de la mer, il se formait une figure de ballet, une boucle, en l’approchant je l’enlaçais rapidement en tournant et poursuivant aussitôt mon chemin, juste le temps d’un échange de compassion.
Par quel enchaînement vient le mal. Par pure joie un matin en me levant je contemple mes courbes, je ne suis pas une beauté mais mon corps est de ceux qui sont faits pour vivre nus, mon corps est innocent, musclé, dodu, nature qui aime la nature, ma joie d’habiter mon corps spontanément j’ai envie de la faire partager, de même que j’aime voir les corps nus des autres dans la nature quand ils sont innocents, les trouvant tous beaux, même les vieux et les pas beaux, mon mouvement spontané est d’offrir comme une fleur la vision de mon corps, mon corps en chair ou en photo ou en parole, par ma parole d’amour innocente, parce que c’est Dieu qui me l’a donné, c’est Lui qui nous a ainsi faits, pourquoi ne pourrions-nous le voir sans perversité ? mais alors que j’envoie cette lumière de sombres idées naissent dans certains regards et voici l’enfer. Avant cette histoire nous nous sommes vus juste une fois pour parler, il n’y a jamais eu qu’une relation cordiale et courtoise entre Y.H. et moi, comment en sommes-nous arrivés là, malgré lui je pense, et malgré moi ? À cause d’une tricherie énorme qui sévit dans le monde, dans ce tout petit monde où le forfait s’est produit et dans le monde en général, à cause de la perversion de tous ces damnés qui occupent la place, le voilà, le péché originel, et il tue. Cette nuit en dormant j’étais dans les mathématiques, elles sont belles, je les aime, elles vous font former des boucles compassionnelles, je suis en quête de l’immaculée conception du Tout.
Sankai Juku
11:18 Publié dans Dans le Temps, journal | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
11.05.2008
2
Quelque soit le point de ma vie où je suis, il me reste beaucoup plus de temps à vivre que je n’en ai vécu jusqu’à présent. Pourquoi ? Parce que la nuit est noire.
La nuit est noire parce que la lumière des corps célestes les plus anciens, donc les plus éloignés, ne nous parvient plus que sous forme très affaiblie, en micro-ondes invisibles. Ceci est la marque de la finitude du temps – et c’est un poète, Edgar Poe, qui l’a compris avant les scientifiques. Le passé, tout en demeurant (sous forme de micro-ondes), prend fin en se fondant dans la nuit. Grâce à quoi je peux contempler le ciel constellé, au lieu qu’un passé qui refuserait de laisser la place (entre les étoiles) envahirait l’espace d’une lumière et d’une chaleur telles qu’il serait invivable.
Même s’il ne me restait que quelques instants à vivre, mon avenir serait plus long que mon passé. L’avenir est la démultiplication du présent, ou si l’on veut, le présent est un poème de sable, un nombre transfini (comme π) en train de s’écrire. Du moins en est-il ainsi si je contemple le ciel, c’est-à-dire si j’habite le monde en conscience.
Certains rêves non freudiens ; les extases ; ce qu’on appelle les expériences de sortie de vie ; la fusion amoureuse ; la prière… certains états improprement nommés « de conscience altérée » donnent accès à la pure contemplation, qui est réalisation de l’essence dans son mariage avec l’esprit, et promesse d’une actualisation renouvelée de l’être par-delà sa finitude.
Le temps est infini, mais en avant. La finitude relative du passé est la marque qu’il y eut un début dont nous nous éloignons et qui est en même temps devant nous. À partir de la source, le temps jaillit et s’écoule, mais il ne se perd pas. Sur son parcours il irrigue l’espace, déploie un réseau fin, complexe, infini, grâce auquel la vie peut éclore et se développer ; tout en se dirigeant vers son but, l’accomplissement de la métamorphose qui opère sa résurrection.
La vie dans l’esprit est une promesse de résurrection pour l’homme aussi, corps et âme : à la façon dont l’eau jaillie de la roche, tout en se perdant par évaporation, fécondation des terres et fusion dans l’océan, ne se corrompt pas et reviendra du ciel tout entière pure et claire, essence et substance.
18:08 Publié dans Suite | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, spiritualité
1
Là où je vis, c’est tout petit. Une maisonnette pour berger et brebis, suspendue au cœur d’une clairière pentue, ceinte de forêts, et d’où les horizons terrestres et même le ciel sont partout limités par les reliefs. Pourtant, là où j’habite, c’est l’infini. Si l’on dépliait les montagnes, elles formeraient un espace plus vaste que le plus vaste des plus vastes océans. Or je déplie les montagnes.
C’est en marchant que je déplie les montagnes. Pas après pas, je fais évoluer les perspectives, se dessiner de nouveaux horizons, se révéler de nouveaux paysages. Le temps que je consacre à l’espace, par d’infinitésimales transformations, opère le déploiement de l’infini dans et par le fini (de chacun de mes pas et de mon point de départ).
Nous vivons dans un miroir de fractal. Un fractal est un périmètre infini autour d’un espace fini, limité. Nous évoluons en temps infini au sein d’un espace toujours en train de se finir. Nous habitons, nous sommes un temps fractal, à travers le processus duquel l’Univers respire. Le temps est le poumon du cosmos, cette belle qui se mire en nous.
15:55 Publié dans Suite | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature








